SCÈNE PREMIÈRE
M u «. HONORINE, JUSTINE.
JUSTINE
Mais , mademoiselle , quand on aime et qu'on est aimée , que peut-on désirer davantage ?
Bi Ue . HONORINE.
Que celui qui nous aime ne soit pas injuste.
JUSTINE
Je n'entends rien à tout cela ; mais si vous vous mariez , j'espère que vous me permettrez d épouser Lefort. Je l'aime , et je ne vais point lui chercher des défauts ; je l'excuserais plutôt.
M lle . HONORINE.
Mais , n'est-ce pas vous qui m'avez dit que monsieur de Rosan me soupçonnait d'aimer monsieur de Saint- Alphart , et de ne vouloir le rendre jaloux que pour le forcer à me déclarer son amour ?
JUSTINE
D n'est que trop vrai que 5« vous l'ai dit , et je m'en suis bien repentie i
M" e . HONORINE.
Quoique je désirasse qu'il eût des torts avec moi , a6n qu'il pût oublier la ruse dont je me suis servie pour lui faîre avouer son amour , j'ai été piqnée de ce soupçon.
a3* LA PROPOSITION DE MARIAGE,
JUSTINE
Mais la jalousie n'est-elle pas une preuve d'amour ?
M lle . HONORINE.
Cela peut être ; mais non pas une preuve d'estime , et j'ai voulu l'en punir.
JUSTINE
En envoyant à son oncle une lettre qui doit l'engager à mademoiselle votre sœur ? Pourquoi vous charger de cela ?
M lle . HONORINE.
J'avais mes raisons.
JUSTINE
Je ne vous comprends pas.
M u< . HONORINE.
Je le crois bien. Paix , voici mon père.