ACTE II, SCENE IL
Et sans consulter personne. Puisque Rosan hésitait , apparemment que ce mariage ne lui convenait pas.
M Ue . HONORINE.
Il hésitait ?
M. DE CLAIRANGE.
Sans doute , et depuis ce moment il est d'une tristesse extrême , et vous auriez dû vous en apercevoir ; mais votre étourderie vous empêche de faire attention à rien. Ma foi , vous serez tout comme votre mère.
Je voudrais fort pouvoir lui ressembler.
M. DE CLAIRANGE.
Oui , en mariant ses enfans sans les consulter.
M lu . HONORINE.
Les enfans ne sont-ils pas trop heureux qu'on s'occupe de leur bonheur?
M. DE CLAIRANGE.
La répugnance de votre sœur pour le mariage aurait dû vous arrêter.
Elle n'avait pas arrêté ma mère.
M. DE CLAIRANGE.
Parbleu ! je le crois bien -, c'est toujours ce qu'elle imagine , qui lui paratt le plus raisonnable.
M Ile . HONORINE.
Si vous voulez que je vous parle sincèrement , je n'ai jamais été persuadée de cette répugnance de ma sœur pour le mariage , et j'en ai jugé d'après moimême.
M. DE CLAIRANGE.
Gf lle-ci est vraie , au moins.
* M Ue . HONORINE.
A notre âge , il. est naturel d'y penser ; on s'en occupe malgré soi 9 et nous ne sommes indécises que sur le choix, encore très-souvent nous n'avons pas beaucoup de peine à le faire ; c'est notre cœur qui s'en charge , nous suivons son penchant , et nous aimons.
M. DE CLAIRANGE.
Voilà précisément ce que j*ai dit à votre mère , et j'avais raison , puisque votre sœur aime Saint-Alphart.
M lle . HONORINE.
Je m'en étais douté. Mais pourquoi m'en a-t-elle fait un mystère ? c'est sa faute.
M. DE CLAIR ANGE
Non , elle ne pouvait pas l*a vouer. Saint-Alphart est le fils du comte d'Olmar, devenu notre ennemi par un procès très-injuste»
Elle ne pouvait donc pas vouloir épouser M. de Saint Alphart , sans craindre de vous déplaire?
Sans doute ; mais ce que vient de me proposer Saint-Alphart m'empêchera de consentir au mariage d'Adélaïde avec Rosan.
• M Ue . HONORINE.
Qu'est-ce que c'est?
M. DE CLAIRANGE.
Un acte <fc générosité qui peut réconcilier nos deux maisons , ce que je désire depuis Arèt-Jong-tenips.
M lle . HONORINE.
Mais le baron de Rosan ne sera-t-il pas furieux ?
M. DE CLAIRANGE.
Je le crains. ..-..'.