‹ Proverbes et comédies posthumes de CarmontelChapitre 148 sur 256 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

M lle . ADÉLAÏDE, M. DE ROSA1N.

M Ue . ADELAÏDE.

On vient de m'annoncer , monsieur , qu'il faut absolument que je vous épouse.

Ah ! mademoiselle , si c'est une nécessité , ne vous en prenez pas à moi.

M n *. ADELAÏDE.

Eh ! n'étes-vous pas le maître de refuser ?

M. DE ROSAN.

Non , mademoiselle ; ce mariage est indispensable ,

et je ne trouve nuls moyens de le rompre, sans être la cause des plus grands malheurs.

M lle . ADÉLAÏDE.

Ne croyez pas que jamais j'y consente.

M. DE ROSAN.

Mais votre fortune dépend de ce mariage.

Et si mon bonheur est détruit , si par-là je perds ce que j'ai de plus cher au monde!... oui, monsieur, j'aime M. de Saint-Alphart.

M DE ROSAN.

Est-il possible?

Je l'ai dit à mes parens : ainsi , dans la situation ou je me trouve , je crois que je puis vous l'avouer.

Vous aimez Saint-Alphart ! je ne l'aurais jamais pensé , malgré ce qu'on m'avait dit.

M 1,e . ADÉLAÏDE.

Pourquoi donc ?

M. DE ROSAN, à part.

Hélas ! je ne suis donc pas seul à plaindre.

M lle . ADÉLAÏDE

Que dites-vous ?

M. DE ROSAN.

Que je vous plains bien sincèrement.

M lle . ADÉLAÏDE.

Vous croyez que je renoncerais à lui ?

M. DE ROSAN.

Il le faudra.

M Ue . ADÉLAÏDE.

- Je n'y consentirai jaifeais , je vous le répète.

M. DE ROSAN.

Quelle est votre erreur !

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