LA MARQUISE, LE COMTE, DUVAL
DU VAL
Monsieur le comte Achille.
M. le vicomte vous quitte bien brusquement, madame.
C'est qu'il a sans doute affaire , car il ne sort pas mécontent de moi.
H n'a pas de quoi l'être , puisqu'il a eu le bonheur de vous voir , ainsi que moi. Ce n'est pas une chose aisée de vous trouver chez vous , madame.
LA MARQUISE
Aussi , je veux m'en corriger.
VICTOIRE
Je n'en sais rien ; avec une autre , je n'en douterais pas.
LAFORD.
Et vous auriez raison : il est bien difficile qu une femme qui passe sa vie avec un jeune homme aimable , bien fait , et qui est amoureux d'elle , s'en défende toujours.
VICTOIRE
Oui , une femme ordinaire.
LAFOND
C'est ce que je vous dis.
VICTOIRE
Mais , avec elle , je ne sais s'il réussira.
LAFOND
Moi , je n'en crois rien ; elle réfléchit trop. Il n'y a rien à espérer avec ces femmes-là ; et puis elle est peut - être romanesque encore. N'est - ce pas romanesque que l'on dit ?
VICTOIRE
Oui , elle lit toute la journée. Sa mère était une femme d'un grand mérite.
LAJFOND.
Oh ! de ces femmes tristes et ennuyeuses , peutêtre !
VICTOIRE
À peu près.
LAFOND
Mais elle ne me paraît pas fort gaie , elle ?
VICTOIRE
C'est selon ; quelquefois elle a des idées fort plaisantes.
LAJFOND.
Aime-t-elle son mari ?