‹ Proverbes et comédies posthumes de CarmontelChapitre 195 sur 256 · LA MARQUISE, LE COMTE, DUVAL · texte numérisé non relu

LA MARQUISE, LE COMTE, DUVAL

DU VAL

Monsieur le comte Achille.

M. le vicomte vous quitte bien brusquement, madame.

C'est qu'il a sans doute affaire , car il ne sort pas mécontent de moi.

H n'a pas de quoi l'être , puisqu'il a eu le bonheur de vous voir , ainsi que moi. Ce n'est pas une chose aisée de vous trouver chez vous , madame.

LA MARQUISE

Aussi , je veux m'en corriger.

VICTOIRE

Je n'en sais rien ; avec une autre , je n'en douterais pas.

LAFORD.

Et vous auriez raison : il est bien difficile qu une femme qui passe sa vie avec un jeune homme aimable , bien fait , et qui est amoureux d'elle , s'en défende toujours.

VICTOIRE

Oui , une femme ordinaire.

LAFOND

C'est ce que je vous dis.

VICTOIRE

Mais , avec elle , je ne sais s'il réussira.

LAFOND

Moi , je n'en crois rien ; elle réfléchit trop. Il n'y a rien à espérer avec ces femmes-là ; et puis elle est peut - être romanesque encore. N'est - ce pas romanesque que l'on dit ?

VICTOIRE

Oui , elle lit toute la journée. Sa mère était une femme d'un grand mérite.

LAJFOND.

Oh ! de ces femmes tristes et ennuyeuses , peutêtre !

VICTOIRE

À peu près.

LAFOND

Mais elle ne me paraît pas fort gaie , elle ?

VICTOIRE

C'est selon ; quelquefois elle a des idées fort plaisantes.

LAJFOND.

Aime-t-elle son mari ?

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