SCÈNE VIL
LA COMTESSE, LE COMTE, LE CHEVALIER
Eh bien , monsieur , que dites-vous de notre ro- ?
Qu'il sera le plus ennuyeux du monde. Ce sont *4 gens du temps de Cléopâtre que vous nous peiezlà.
Comment! l'héroïne....
L'héroïne est une bégueule , et son amant un nigaud.
LE CHEVALIER
Quoi î monsieur , vous trouvez....
Que, si le roman languit, c'est la faute de l'amant.
: : LE CHEVÀLlfe-R.
Et, sur quoi le jrtgez-vôus ?
Sur ce que la femme s'est engagée , en écrivant ; que l'on voit bien qu'elle l'aime \ et qu'il n'y a que lui qui ne s'en aperçoive pas.
Mais , monsieur , je ne veux pas qu'il soit aimé.
Eh ! comment diable voulez-vous que cela fasse un roman ? Vous n'y avez pas pensé ; et moi , je vous soutiens qu'elle l'aime. Mais , en quoi je trouve qu'elle a tort , c'est qu'elle ne l'avoue pas , et qu'au bout de
trente lettres , on n'est pas plus avancé qu'à la première. Prenez-y garde , vous ne ferez qu'un roman très-ennuyeux.
LE CHEVALIER
En vérité , madame , je suis de l'avis de M. le Comte. Il faudrait <^ue la femme dit enfta qw^ite àinte.
Et , parbleu ! sans doute. ,
LA' COMT^SSjE.
Mais, c'est que la vertu....
Où diable allez-vous mettre là dé lia 1 vertu ? Songez
à l'intérêt. .,-...
Oui -, je pense que l'intérêt....
LA iGOMTESSE; au Comte.
Vous prenez toujenorelfi ^arri. do .Finant.
LE; COWTjE.
V.qus verre» que j!ai lqï% l D'4ille»f»., 11 fout de la vérité , et toute hérojine de roman floit se rendre, et le plus tôt vaut le mieux* jÇçujge^ à r çela». :: ,
LA ÇQMTESSE.
Le roman finira. .
Point du tout. N*y V àtrra-Ml pas à]prèvcela les contrariétés , les obstacles, lés triârfs, : et tout ce que vous voudrez.
,., , LE. GH EVALUER.. ^■ '
Que trop !
Tenez : je m'en vais -me mettre à'tra^aiïler à ma tapisserie i pendant ce temp*4à , voyez tin peu à réchauffer tos amans.
( Il arrange son métier )