ACTE II, SCÈNE VII. 36i
Mais , monsieur , croyez-vous qu'on puisse tromper mari sans quelque inquiétude , sans....
Eh ! morbleu , madame, faites ce que le Chevalier ous dit.
Puisque vous l'approuvez , monsieur....
H y a deux heures que je vous répète la même chose.
LE CHEVALIER
Vous l'entendez, madame.
J'admire l'opiniâtreté des femmes !
( Le Chevalier veut baiser le bras de la Comtesse. ) LA COMTESSE.
Laissez donc !
Oh oui , laissez donc ! Chevalier , je vous la recommande.
LE CHEVALIER
Ne vous embarrassez pas*
Mais cette lettre doit être bien avancée.
LE CHEVALIER
Oui, monsieur.
Eh bien, madame , lisez donc; je veux voir si le parti que vous prenez est selon mes avis. Lisez, lisez.
LA COMTESSE, lisant avec embarras.
« Qu'exigez-vous de moi , monsieur ? vous voulez »*que je^vous dise ce qui se passe dans mon cœur , » ah ! si vous m'aimez , vous devez y avoir lu au mi- * lieu de mon trouble , mieux que moi-même. »
36a LE ROMAN,
Mais ? quoi lu ?
Attendez donc , ïnonsieur.
LA COMTESSE, continuant de lire.
<c L'amour le plus tendre l'occupera sans cesse ; j'ai » voulu m'assurer du vôtre, avant de vous dire ce » que mes yeux &4veut vo#$ avoir répété mille fols.»
Voilà ce que je vpnlaia. Jlfaitf .avouer qu'on a bien eu de la peine à tirer de vous cet aveu-là.
C'est que je craignais.... ( Le chevalier se saisit de la lettre , elle lui dit bas : ) Que faites-vous donc ?
Vous voyez bien que îe Chevalier ne sera plus embarrassé de ce qu'il aura à répondre 5 qvi'il n'y ^ura plus qu'à amener des situations , ce qui est essentiel dans un rpinan. Il y faut çte* scènes dramatiques.
LE CHEVALIER
Sûrement ; et c'est à vous que j'aurai cette obligation.
Il faudra que vous ayes attention de ne pas vous refroidir , vous , Chevalier *, et vous verrez que ce roman-là réussira.
LE CHEVALIER
OM très-fort!
Je parie qu'elle n'en convient pas encore.
LA COMTESSE, ba* au Chevalier.
Rendez-moi nia lettre ; je le veux absolument.
LE CHEVALIER
Ah, madame, je vous en supplie....