SCÈNE V
M me . DORCE1L, M me . DE BLÉRANGE, M . DE SAINT.
ALBE, M. DE MAÏÏCI.
M me . D'ORCEIL.
En vérité l'on ne comprend plus rien aux hommes à présent ; ils sont discrets même avec une passion. Saint-Albe vient de m'impatienter autant que ma fille : je vois dans tout ceci un mystère impénétrable.
io6 LA SINGULIERE DÉLICATESSE,
M. DE MARCI
Comment , madame , vous reprochez de la discrétion aux amans ?
M me . D'ORCEIL.
Je crois que ceux-ci ont changé d'un commun accord et qu'ils n'osent avouer tout haut qu'ils ne s'aiment plus ; mais s'ils aiment ailleurs , je voudrais le savoir , et c'est ce que Saint-Àlbe n'a jamais voulu me dire.
M»*. DE BLÉRANGE.
C'est que j'espère qu'il n'est point changé.
M"". D'ORCEIL.
Oh ! vous voulez me tromper et me faire croire que vous l'aimes encore.
M*~. DE BLÉRANGE.
Monsieur , dites donc à ma mère que vous n'aimez que moi.
M m. D'ORCEIL.
Tout cela est inutile ; mais j'ai des moyens sûrs d'être instruite , et je veux vous les communiquer , monsieur de Marci.
M. DE MARCI
A moi , madame ?
M ,fle . D'OfcCElL.
Oui , venez , venez. Vous, ne sortez pas , ma fille.
M me . DE BLÉRAWGË.
Et vous me laissez comme cela avec un inconstant ?
M me . D'ORCEIL.
Plaisantez -, c'est bien là le moment.