SCÈNE VI
M me . DE BLÈRANGE, M. DE SAINT-ALBE.
Quelle idée Marci vous aura-t-il donnée de moi , en me peignant à vos yeux comme un misanthrope et un opiniâtre ?
M me . DE BLÈRANGE.
Celle d'un homme qu'il aime beaucoup , puisqu'il vous plaisante.
Vous me surprenez toujours, belle Laurence ! jusque* au ton de l'amitié, rien ne saurait vous échapper.
M me . DE BLÈRANGE.
• La mienne pour vous me fait juger de celle que doivent avoir ceux qui vous connaissent davantage.
Votre amitié pour moi ?
M" . DE BLERANGE.
Oui , je ne crois pas devoir la cacher à quelqu'un qui la mérite autant.
Cette confiance me prouve votre estime. Ah!
qu'elle m'est précieuse , cette amitié que vous m'accordes!
M" e . DE BLÈRANGE.
Mon coeur m'a entraînée, et la réflexion ne m'a pas éclairée sur l'abus que vous pourriez faire d'un pareil aveu.
L'abus ! que voulez-vous dire ?
M» e . DE BLÈRANGE.
C'est qu'à mon âge ...
tomi i. 9
i3o LA SINGULIÈRE DÉLICATESSE,
Achevez, .... je vous en supplie !
m**, de b;lérànge.
Un homme moins modeste , ou plus présomptueux <jue vous, pourrait imaginer que, spusie pom & l'amitié , je cache un sentiment qu'on 4tf è*XG tr£»-ftfférent.
Et que vous êtes bien faite pour inspirer f .. mais...
M me . DE BLÉRANGE.
Achevez à votre tour.
*k DÇ JS^IJJTrALPP.
Eh bien., j£ ypus le dirai -, je wws c* swtimem encore bien loin d'entrer dans votre âme.
M"*. DE BLÉRANGE.
Si c'est un malheur , eomme ma mère me l'a dit bien des fois, vous devriez me féliciter, an lien d'avoir l'air de vous en affliger.
Moi ! j'ai l'air de m'en affliger ?
W**. DE BLÉRANGE.
Je l'ai cru.
M. PE SAJNT-ALBg,*part.
ciel ! j'ai pensé n>e trahir.
M-«. PE 0j4Rà#GJ?.
Vous rêvez , monsieur ! Permettez-moi une quwtionqueje n'oserais jamais faire à un autre homme que ypu*.
M. PE SAIffT-AJWBE,
Croyez qu'on ne peut pas être plus ~ou£k? qpiç je le suis de votre confiance, Parlez , je vous prie.
M me . DE BLÉRANGE.
Dites-moi pourquoi l'on dit que c'est souvent un malheur d'aimer.