L* :CO^IT««S
Quoi ! c'est à vous-même ?...
M»V DE VERMILL1.
Oui , madame. Gela a'«st pap vrai* .
J'en puis bien *s»tfrrer madame k /Comtesse \ j'ai examiné madame avec une loupe excellente , et je ne lui en ai pas trouvé du .tput „ du tout.
Il y a long-temps de cel&? ...
, M**. J>B VûERMILLI. »
Mais , madame , pas trop.
En employant des moyens , et beaucoup , quelquefois cela s'efface à la longue $ je dis qifcand on en a.
L'ABBÉ
Moi, j'ai tin secret pour ceïa.
Rien n'est plus heureux.
L'ABBÉ
Si l'<ta voulait stvotoâe là fcorifiamce , avec moi une femme ne vieillirait jamais.
CVat <m Irfeh beau secret , monsieur l'Abbé ! Ne
faudrait-il pas se mettre bien jeune entre vos mains , pour cela ?
Plus on est jeune, mieux cela vaut.
Je le crois.
L'ABBÉ
Cependant , en commençant entre trente et quarante ans , cela réussit de même.
Je vous assure que cela est fort tentant \ qu'en dites-vous , madame ?
M mif DE VERMILLI.
Je veux attendre que j'aie trente ans.
, Vous attendrez bien long-temps , madame.
M»V DE VERMILLI.
Vous êtes bien honnête.
Pourquoi monsieur l'Abbé ne démontrerait-il pas au Chevalier que vous n'avez point de taches de rousseur?
M me . DE VERMILLI.
On ne lui démontre rien à cet homme-là $ il ne sait qu'offenser et jamais réparer.
Monsieur l'Abbé n'est pas comme .cela ?
Moi , je répare tant qu'on veut.
Cela est bien fait à vous , monsieur l'Abbé 5 vous ne pouvez manquer de réussir.
M me . DE VERMILLI.
Je vous dis , madame , il est charmant ! Il faut le connaître.
COMEDIE. i5
UABBÉ.
Je voudrais bien que madame la Comtesse me permît de lui faire ma cour.
Je n'ai point de taches de rousseur ^ effacer ; et je ne veux avoir les secrets de personne.
L'ABBÉ
Madame, quand on est belle comme vous...
Ni je ne veux pas qu'on sache les miens.,
L'ABBÉ
Je suis pourtant un confident bien discret.
Je n'ai rien à confier.
M"". DE VERMILLI.
H est vrai qu'on peut tout lui dire.
Madame , je trouve qu'il est bien dangereux d'avoir des confidens -, on ne peut s'empêcher de les renouveler , et à la fin on en a tant, que le public devient un des vôtres.
M»". DE VERMILLI.
Ou croit le devenir $ on ne peut pas empêcher qu'il ne fasse des histoires.
Il n'en fait pas toujours ; souvent il ne fait que les raconter; demandez au Comte, que voilà, si cela n'est pas vrai.
i6 LA MAISON DES BOULEVARTS,