SCENE III
M*"® DE SENANGE.
C'est un triste personnage que celui que je vais faire, en vous parlant sur votre fille; jamais personne ne s'est perdue si vite, est-il possible que vous l'ignoriez ?
M™* DU CASTEL
Non, je ne l'ignore pas, et j'en suis touchée comme je le dois.
M™^ DE SÉNANGE.
Ne lui en avez-vous point parlé?
M™^ DU CASTEL
Plusieurs fois, sans en avoir rien obtenu ni diminue une seule de ses visites chez madame d'Albe.
M"" DE SÉNANGE.
Son mari n'est -il'point averti?
M™^ DU CASTEL
Non, pas 'par moi, et je ne crois pas qu'il le soit par d'autres.
M™*" DE SÉNAlteE.
Quoi! il n'y a personne qui puisse rien sur l'esprit de cette pauvre femme?
M™^ DU CASTEL
Je n'en connois point, et je ne la crois pas en état d'écouter qui que ce soit.
■' M™*' DE SÉNANGE.
Elle ne paroissoit point mal née?
M°*^ DU CASTEL
Elle ne l'est pas ; aussi ses inclinations étoient bonnes, la mauvaise compagnie l'a perdue, et l'ardeur qu'elle avoit pour
DE MADAME DE MAINTENON. 1lS
le plaisir; elle en trouve chez madame d'Albe , rien ne peut l'en retirer.
M™® DE SÉNANGÏ.
Vous êtes bien à plaindre!
^me jju CASTEL.
c'est une consolation de l'être par vous ; mais qui est-ce qui vient nous hier?