‹ Proverbes inédits. PubliésChapitre 155 sur 221 · SCÈNE IF · texte numérisé non relu

SCÈNE IF

M*"^ MONMARTEL.

Je vins hier vous chercher plus d'une fois, madame, pour vous parler d'une chose importante, et qui vous regarde.

M"^^ DU CASTEL

Je vous en remercie par avance, de quelque nature qu'elle soit.

M™^ MONMARTEL.

Elle ne peut que vous affliger, mais je suis trop votre amie pour ne vous pas dire que la conduite de mademoiselle votre fille ne se peut plus tolérer, et que vous ne pouvez vous dispenser d'y appor-. ter des remèdes.

M™^ DU CASTEL

J*ai usé tous ceux que j'ai crus bons, et je ne sais [)Ius que faire.

M"** DE SÉNANGE.

Quoi! voudriez-vous la laisser en repos pendant qu'elle déshonore sa famille, et vous accable de douleur?

M""^ DU CASTEL

Mon dessein n'est pas de la laisser en repos; mais je ne vois point de remède qui ne soit eu quelque façon plus grand que le mal.

31™^ MONMARTEL.

Y a-t-il un plus grand mal que celui de la laisser faire? et pourquoi n'en pas avertir son mari?

M™« DU CASTEL

C'est un si grand mal d'avertir un mari sur ce qui regarde sa femme ! et les suites en [)euvent être si longues, et peut-être si funestes, que je ne crois pas le devoir faire.

M™® DE SÉNANCE.

Elle ne mérite pas tant de ménagements, et quand il devrait lui en coûter

la vie, je la pousserois à l'exlrémité, plulôt que de souffrir ce qu'elle fait.

M™® DU CASTEL

Vous n'êtes pas mère, madame, et ne sentez point une certaine tendresse que rien ne peut effacer tout-à-fait.

M™^ MONMARTEL.

Est-ce que vous croyez que son mari se porteroit aux dernières violences?

M™^ DU CASTEL

Non , mais le divorce seroit sans retour et d'un grand scandale ; une femme peut toujours revenir quand elle n'a point quitté son mari.

M™^ DE SÉNANGE.

J'admire votre prudence, et j'avoue que je ne la comprends pas.

M"** DU CASTEL

C'est mon affaire plus que la vôtre, vous avez satisfait , par vos avis à l'amitié, laissez-moi le soin du reste.

// vaut mieux laisser son enfant morveux , que de Lui arracher le nez.

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