SCENE PREMIÈRE
M""® AMONY.
J'ai fait tout ce qu'il m'a été possible' pour vous bien élever, ma fille, c'est à vous présentement à profiter de ce que vous avez appris.
M^^* AMONY.
J'en ai bien envie, ma mère, et vous me trouverez toujours la même docilité que si j'étois enfant.
M"™*" AMONY.
La raison doit vous en donner encore davantage, les enfants sont d'ordinaire dociles par crainte; mais à l'âge où vous êtes, vous devez vous désirer autant de mérite que je vous en souhaite, et être ravie qu'on vous fournisse les moyens que l'expérience apprend aux vieilles personnes.
m"* AMONY.
Ne vous rebutez jamais de me donner vos avis , je ne me rebuterai pas de les suivre.
M™^ AMONY.
J'en ai un par où je veux commencer, qui, sans doute, vous surprendra: c'est de ne vous lier d'amitié avec aucune femme.
m"*" AMONY.
J'avoue qu'il me surprend, car je crois que vous approuveriez encore moins que je me liasse avec un homme, et cependant il est difficile de vivre sans amis.
M™** DE ROMILLY
11 est plus aisé de trouver des amis que des amies: les femmes s'ennuient les unes
îes autres. Une vieille prude ne vous divertiroit peut-être guère, et les autres vous feroient repentir de lu confiance que vous auriez eue en elles.
m"^ amonv.
Un homme est encore pis, car on hasarderoit sa réputation, en le voyant et en lui parlant souvent.
M™^ AMONY.
Il faut les prendre sages et d'une réputation établie. J'ai un ami que je veux vous donner.
m"^ amony.
Je le prendrai volontiers de votre main, ma mère, et je ne croirois jamais me tron)per en me laissant conduire par vou3.