SCÈNE II
M. destirai.
Je suis venu ici bien des fois sans vous trouver, madame, et je m'ennuyois fort d'être si long-temps sans avoir l'honneur de vous voir.
M"*^ AMONY.
Il est vrai, monsieur, que j'ai sorti souvent depuis quelques jours. J'ai raille choses à faire pour ma fille, dont je suis présentement tout occupée.
M. DESTIRAL.
Eh! pourquoi, madame, l'êtes -vous plus qu'à l'ordinaire?
M"'* AMONY.
C'est qu'elle est grande, et que j'a vois toujours compté de la mettre dans le monde au retour de la campagne, et vous savez qu'il y a déjà trois mois que j'en suis revenue ; mais ce pas-là pour ma fille est si considérable, que je ne puis presque m'y résoudre.
M. DESTIRAL.
Vous avez grande raison de le regarder
comme important; prenez garde surtout aux femmes qu'elle verra.
M™* AMONY.
Je connois si bien ce danger, que je l'ai déjà prévenue; mais j'ai bien envie de lui donner un véritable ami, afin qu'elle voie que je ne suis pas seule qui pense de même façon.
M. DESTIRAL.
Ce nysst pas un mauvais paru. Un honnête hoftime lui donnera de meilleurs conseils qu'ftie femme.
M™* AMONY.
Je n'en ai pas d'autre à lui offrir que vous.
M. DESÏIRAL,
Je ne mérite cette distinction que par ma fidélité, et le sincère attachement que j'ai pour vous.
M*"" AMONY.
Je VOUS confie quelque chose qui m'est plus cher que moi-même, et vous ne pouvez, après cela, douter de mon estime, yoyez-la donc , et l'entretenez autant que vous pourrez. *
M. DESTIVAL.
Je le ferai avec joie.