‹ Proverbes, nouvelles, romansChapitre 38 sur 78 · PLUSIEURS · texte numérisé non relu

PLUSIEURS

Qu'ils périssent tous deux ! traînons-les dans la rue ; jetons-les au Tibre.

TOUS, entourant Barnabe et Girolomo, et les entraînant de force.

Au Tibre, au Tibre !

AMBROSIO

Arrêtez, ou craignez ma colère. Qu'on les laisse; qu'ils soient libres. L'homme est inexorable : Dieu seul pardonne, Dieu seul sait oublier. C'est en l'imitant qu'on se rend digne de lui ; et, s'il est vrai qu'il y en ait ici qui aient juré ma

perte, qu'ils approchent (Tendant la main à Girolamo et A Bar.

nabé.) et qu'ils touchent ces mains qui s'étendent pour les bénir et les absoudre. Maintenant, sortez tous, et laissez moi.

(Barnabe «t (Mrolamo, eonfas, baissent la tète ; tout 1« peuple sort areo

eux, et Zerline tes reconduit.)

AMBROSIO, seul.

Oui, oui, je leur pardonne, et du fond du cœur, pour que Dieu me pardonne aussi, (se jetant dans un fauteuil.) Malheureux que je suis ! j'ai donc employé le mensonge et l'hypocrisie, dont j'avais horreur. Ah ! c'est là mon crime, le seul que je me reproche ; mais il le fallait : j'y étais forcé. Voilà donc la conséquence inévitable de l'esclavage qu'ils m'ont imposé 1 C'est l'esclave qui trompe ; l'homme

libre n'a pas besoin de tromper. (Apercerant Loretta qui le regarde.]

Adieu, Loretta ; je pars... embrasse-moi.

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LORETTA, faisant lo signe de la croix.

Non... jamais; je vous Pai dit.

AMBR09I0, la regardant arec surprise.

Quoi! c'est sérieusement? Et ce que tu disais tout à l'heure n'était point pour me sauver!

LORETTA.

j C'était pour me sauver moi-même. Oui, j'y suis décidée ; I je vous devrai mon bonheur dans ce monde et dans l'autre.

AMBROStO.

Il est donc vrai!... Que le ciel alors, que le ciel te soutienne dans^ ta courageuse résolution I mon estime t'est rendue, et mon amitié te suivra. (Loretta se t&8t à getibut dans

un coin de l'appartement, et prie. — Ambrosio, de l'autre cAté, est assis, et tient sa tét« appuyée sur sa main . ] Et moi, me VOilà donC de

nouveau abandonné de tous I en dehors du monde, proscrit et exilé au milieu même de la société, qui me condamne à la solitude. Non, je l'ai trop éprouvé déjà, jamais je ne pourrai vivre ainsi, jamais je ne pourrai apaiser l'orage des passions qui gronde dans mon sein ! Le ciel est témoin que mon cœur était pur, que je ne voulais pas songer à la femme d'autrui ; mais, puisque le monde et l'Église m'y contraignent, puisque ni les hommes ni les lois ne viennent à mon aide, que la faute retombe sur ceux qui me la font commet- .vw>#w« I |j.g^ fgg lerant.) Allous !... j'irai chez le gouverneur ! 1 1

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OU

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