SCENE I. i
à m'effrayer moi^-même, et je me sens déjà grisonner.
LK)NCLE.
J'en étais là quand j'ai reçu dette lettre 5 metstoi donc à ma place.
LE NBVJTO. •
Soit ; je me figure que j'ai le double de mon âge , et je lis.
(Ulit)
«Beauvais, 17 janvier 1809.
» Je suis aLvrhée, mon bon ami, par le plus effroyable temps ; les routes sont si mauvaises que nous avons éprouvé un retard de cinq heures, et mes cousines ne m'attendaient déjà plus lorsque la voiture s'est arrêtée à leur porte. J'ai trouvé ici une lettre de mon niari qui est toujours à Berlin, où il souffre encore de ses blessures de Friedland ; il paraît fort inquiet îsur sa guérison et craint d'être obligé de quitter le service. Il faudrait alors voir à lui trouver, une préfecture : prenez les devants et cherchez un peu comment nous pourrions le caser. Yotre beau-frèrç est en position de nous être utile; ne le laissez pas en repos qu'il n'ait promis quelque chose. Je ne dus trop comu^t je vais faire pour m'habituer à ne pas vous voir; vos
i86 LE PORTE-FEtJILLE, etc.
lettres^ seule» pourront me fkire prendre pa-* tience ; car , malgré les fêtes dont on m'dLCcMe , je ne puis penser sans regret, aux charmantes aoirées que ïiou& passions ensemble. Qui me rendra cette douce intimité, cette confiance entière qui nous laissaient penser tout haut , et ces accès de gaîté folle dont nul autre que nous n'eût pu deviner le motif ?. • . . En vérité , je parle de tout cela comme si je devais en être privée pendant un siècle ; mais c'est que je vois un siècle dans huit jours. Mon Adolphe , je l'espère bien , ne s'apercevra pas de mon départ ; vous irea voir ce cher enfant à son lycée , et vous le ferez sortir dimanche, pour le conduire chez sa tante, car il faut un prétexte. Surtout, je vous en prie 9 ne lui faites pas boire de vin de Gham* pagne . comme vous en avez la mauvaise habi-* tude: songez qu'il est d'une santé délicate, et qu'un rien suffit pour m'alarmer. Si l'on n'est pas content de lui, grondez4e; si l'on en est satisfait, récompensez-le, et dans tous les eas embrassez>-le bien fort.
n N'oubliez pas de savoir chez moi s'il est arrrvé une lettre de mon frère; son silej^ce me fait Irembler. Depuis qu'il est en- Espagne je n'ai pes-ea 1^ $e& nouyelles , et il sait pourtant o(mi«bien je Taiine. Mon Dieu,^ s'il était morti.*..