‹ Proverbes romantiquesChapitre 99 sur 157 · SCÈNE l. i · texte numérisé non relu

SCÈNE l. i

dès-lors acquis de la maturité sans avoir perdu de sa fraîcheur, et donne aux femmes qui se respectent une garantie morale qu elles ne voient point che^ l'adolescence. Je t'épargne donc ce récit, et j'arrive sans transition à l'époque dé ma vie qui s'est écoulée la plus douce. Une jeune dame, douée des qualités les plus aimables, avait captivé mon cœur. Son mari, colonel distingué, brillaft sans doute à fa tête de son régiment , mais n'avait rien de ce qui peut séduire une femme. Son absence presque continuelle était un nouveau tort dont beaucoup de gens cherchaient à profiter: je fus le plus heureux. Pendant six années mon amour ne fit que s'accroître , non plus cette passion irréfléchie dont le (emps sait éteindre l'ardeur, mais ce sentiment doux et calme que l'habitude fortifie encore. J'avais plutôt une amie qu'une maîtresse ; toutes mes' journées se ressem-» blaiènt , et si nulle émotion vive n'^n troublait la monotonie, aucun regret amer n'en altérait du moins le repos. Satisfait de cet état tranquille , je croyais mon sort fixé pour toujours, lorsque les événemens de la restauration vînrçnt rompre des nœuds, qui, jusque-là, semblaient indissolubles.

LB NBVSI7.

Mais entre noas^ mon oncle, vous ùe deviez pas être très-rassurë. Si le colonel avait appris....

i84 LE PORTE-FEUILLE, etc.

LX>NCLE.

Il était toujours à Tarmée, et songeait plus à son avancement qu'à sa femme. Tu. sauras d'aiU leurs , quand tu connaîtras mieux le monde , qu'il est parfois certains arrangemens ostensibles que lopinion tolère , et dont personne ne se fâche , pas même les intéressés.

LE NEVEU

Je vous proteste que je me fâcherais ^ moi , si ma femme me comprenait dans ces' arrangemens*là l

L'ONCLE

Lorsque tu seras marié , ta verras ce que tu aura» à faire; mais il est très-probable que tu feras comme les autres.... Je souhaite cependant qu'on ne te mette pas à l'épreuve. Quoi,qu'il en soit , le colonel ne m'inquiétait guère , et saNfemme'partageait ma sécurité. Un voyage qu'elle fit à Beauvai& fut notr^ seule occasion de correspondance ; c'est dans ce temps qu'elle m'adressa la lettre que tu as sous les yeux, et dont la lecture te donnerja une idée des liais^pns que l'on contracte lorsque l'on a passé quarante ans.

LE NEVEU

Vraiment, mon oncle, il me semble que je

vieillis avec vous!.... Cette échelle de sensations

. diverses que vous m'avez fait parcourir commence

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