‹ Proverbes romantiquesChapitre 103 sur 157 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

tresse me seraient fort indifférentes , ef je ne sais même pas comment pense la mienne aujourd'hui.

* L'ONCLE

A cette époque, jnon enfant, les conversations n'avaient pas d'autre texte, et ieis esprits étaient pleins de ce seul objet. Pour moi, que ces ma- . tières ennuyaient on ne peut davantage , té. conçois quel ennui j'en devais essuyer lorsqu'il fallait retrouver dans le tête-à-tête ce qui me faisait déserter les salons.* J'optai donc pour la tranquillité, et retombant dans la solitude, j'attendis du hasard les occasions'que jadis je savais faire naître moimême; mais hélas! je ne les trouvais plus: à table, au bal, au spectacle, les^femmes dont je cherchais à fixer l'attention me répondaient d'une manière aimable; aucune rougeur, aucun trouble ne me faisait comme autrefois lire dans leurs yeux un . heureux présage ; je n'occupais que leur esprit, sans que le cœur y prît la moindre part. J'eus la sagesse de me résigner et de cacher des regrets que le riflicule ne manque jamais de poursuivre. Cependant je n'étais pas insensible. Le talent et la beauté d'une actrice me frappèrent....

LE NEVEU

Ah ! pourle coup, mon oncle , nous allons rire!. . . Celle-là vous fera voir du chemin !

igo LE PORTE-FEUILLE, etc.

Lt)lfCLB.

Patîenc545, ion tour viendra! vpyez un peu comme il est fier de ses vingt-deux ans !... Tu ne les auras pas toujours , mon garçon y et puisses-tu te rappeler plus tard ton vieil oncle , pour tâcher de n'être pas plus mialheureux ni plus dupe que luL Écoute donc bien, La dite princesse était à moi : dans ces sortes d'affaires le préfunbule n'est pas long j et je t'en fais grâce. Trois mois s'étaient écoulés et aucune apparence ne témoignait contre la fidélité dé la dame ; mes rendes-vous n'étaient point gènans, et je dois avouer que son exigeance ne Tétait pas davantage. Mais un tel ordre ne pouvait durer. Les i'épétitions devinrent bientôt plus fréquentes , les indispositions plus graves et mes visites moins heureuses. Je conçus quelques soupçons dont je ne fis confidence qu'à la- femme de chambre, en intéressant sa franchise. J'avais trop dé philosophie pour prendre au sérieux ce que je sus par elle ; exiger qu'un jeune homme n'occupât point de temps en temps ma place , c'eût été vouloir l'impossible; mais je désirais au moins qu'on ne m'exposât pas à la gaîté tles coulisses et qu'on prît quelque peine pour mettre en défaut ma curiosité. J'écrivis donc de légers reproches , auxquels on.fit'cette réponse.

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