‹ Proverbes romantiquesChapitre 104 sur 157 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

LE IfEYEU, prenant la laitr*.

Voilà une lettre élégamment pUée ; paf>ier anglais, cachet detuL... rien n'y lùanque ! voyons le contenu.

(Il Ut.)

'« 3i octobre 1819.

» Il est donc yrai que TaHiour^proppe efit un

9 ballon gonflé de vent, d'où il. ne sort que des

» tempêtes !.... Le vôtre , mon cher, est intraita-

» hie,' et rien ne peut trouver grâce devant lui.

» Convenez-en , vous avez cédé à ses conseils

• plutôt qu'à ceux de votre tendresse , en mV

9 dressant la singulière épître qui vient de m'ar-

1 river. Je reçois ks visites d'un jeune homme :

» peu vous importe que ce soit un auteur qui me

» destine un rôle et auquel je dois des ménage-

» nfens ; peu vous importe que je songe à mon

» état et que je me prépare des succès. ... On peut

» vous supposer un rival , et c'est là tout ce qui vous

» occupe. En vérité cette conduite* est aussi dé-

» fiante que peu généreuse. Ne eonnaissez^ous pas

» assez ma mère pour vous reposer sur eUe du

» soin d*écarter loin de moi ce qui pourrait vous

» faire.ombrage?.... car il faut bien que je vous

» cherche des garanties dans les autres , puisque

» vous avez cessé d'en. avoir une dans m<m propre

9^ LE PORTE-FEUILLE , etc.

attachement. Il me manquait cette contrariété au moment où j'en éprouve de toute nature :

je ne sais seulement pas comment ]e ferai pour avoir mon costume nouveau , et cependant cela presse ; les mémoires pleuvent chez moi : couturière, marchande de modes, parfumeur, il semble que tous se soient donné le mot , et il faut encore que vous veniez vous joindre à cette, foule importune pour achever, par vos soupçons, de me bouleverser la tête!.... Mon ami, soyez donc plus aimable. Me voyez-vous jamais me plaindre? Tous ai-je soufBé un mot de la loge que vous deviez louer à TOdéon pour- tes Vêpreê siciliennes que tout Paris a vues, excepté moi? Vous ai-je reproché de m'avoîr laissée à pied toute la semaine dernière?.... Non, j'évite les indiscrétions , les deinandes , sans mieux réussir à faire apprécier mes sentimens. Ditesmoi donc comment je doi& m'y prendre ; faut-il vivre isolée, prisonnière • chez moi? Quand j'y consentirais , vous seriez encore jaloux. Oh ! vous m'avez rendue malade ; venez ce soir , et vous verrez comme j'ai les yeux rouges; j'ai le plus grand besoin de vos conseils pour mon nouveau rôle que votre lettre a brouillé dans naa » mémoire; voua me le ferçz répéter, et vous 9 me direz que vous avez eu tort. Je vous èm-.

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