‹ Proverbes romantiquesChapitre 110 sur 157 · SCENE 1. 2o · texte numérisé non relu

SCENE 1. 2o

LB COMT£.

Oui, je sais, et j'espère bien que le loup va se prendre enfin dans le piège ; ils vont à la Bastille, dit-on ; tant mieux , morbleu , ceux qui ne resteront pas dans les fossés ne s'exposeront plus à revenir.

M. DE MORVILLE

Oh ! mon oncle, ils la prendront.

LE COMTE

Ah, ah, ah....

ilhemoiiville.

Vous riez... Vous ne savez pas ce que peut tout un peuple animé du fanatisme de la liberté.

tJL COMTE.

Vous déraisonnez, mon neveu. . Ils la prendront. . Ah, ah, ah.. C'est-à-dire qu'ils crieront à cent pas des murailles, mais pas un n'osera en approcher.

M. DE MORVILLE

Entendez-vous?

LE VALET DE CHAMBRE

On tire le canon.

LE COMTE

C'est pour les eflfrayer.

M. DE M0RVIM«£.

Le bruit redouble.... Ouvrons la croisée.

UNE FOULE DE VOIX-

Aux armes !

2o4 LE GENTILHOMME LIBÉRAL,

LB COMTE

ïermez donc... Germain, selle un cheval, et cours vile à la Porte Saint-Antoine. ; tu nous rapporteras des nouvelles le plus [M'omptement possible.

LE VALET DE CHAMBEE

Je demanderai d'abord à M. le Comte la permission d'ôter ma livide.

LE COMTE

Pourquoi cela?

LE VâLET DE CHÂMBREt^

C'est qu'elle pourrait me porter malheur

Quand il y a des émeutes, la canaille insulte toujours les gens comme il faut.

(Il sort.) M. DE MOBVILLE.

Cela commence à devenir sérieux , vous le voyez... Si Ton eût fait des concessions, la tranquillité publique n'eût pas été troublée.

LE COMTE

Fi donc ! Il fallait consentir à payer la taille comme le tîers-état, n'est-ce pas?

M. DE MORVILLE

Pourquoi non , puisque nous sommes les plus' riches?

LE COMTE

Vous me feriez devenir fou avec de pareilles ré-

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