ADAME DUMAS, ARISTIDE, DUMAS
DUMAS
Eh bien, Aristide, te voilà de retour la
pièce est-elle reçue?
Elle a fait le plus grand plaisir ; le secrétaire du comité ma tiré à part pour me dire qu'on allait m'envoyer la décision , et j'ai bien vu à son air qu'elle me serait favorable. D'ailleurs, ils 'n'ont pas cessé de rire un moment.
DUMAS
C'est une comédie?
ABISTIDE.
Eh oui, en trois actes... Oh! ma bonne tante, que je suis heureux.
MADAME DUMAS
Il y a vraiment de quoi ! C'est un joli métier que tu embrasses-là.
ARISTIDE
Voilà bien de vos préjugés. Quel état plus agréable que celui d'auteur ! Il offre à la fois toutes
les jouissances de Tamour-propre et les bénéfices de rindustrie. On fait une pièce ; elle a cent feprésentations ; on voit son nom proclamé dans les journaux avec les plus grands éloges....
DUMAS
C'est charmant, et puis on parle aux actrices.
MADAME DUMAS
C'est un bel avantage. Tu ne sais donc pas qu'elles sont toutes laides de près.
ARISTIDE
Vous croyez cela , ma tante.
MADAME DUMAS
Je crois , je crois à entendre les jeunes gens ,
plus on avance en âge et plus on déraisonne. Il me semble pourtant que j'ai plus d'expérience que vous.
ABISTIDE.
Non pas sur les choses que vous n'avez point vues.
MADAME DUMAS
Allons c'est bon , tout ce que je puis t'en dire c'est que tu aurais bien mieux fait de rester chez ton notaire, que d'employer le temps à grifibner des pièces de théâtre, qui ne seront bonnes qu'à te conduire à Thôpital. .