SCENE I
des vaudevilles à la Gaîté, et qui gagne plus de cent cinquante francs par mois; or vous savei bien que je n'ai que douze cents francs à mon bureau.
MADAME DUMAS
Mais tu deviendras sous-cbef avec le temps , et alors tu auras un état dans le monde ; tu seras décoré,
ARISTIDJB.
Oh ! pour cela je suis bien sûr de l'être avant lui ; tes circonstances sont là : Dieu merci , elles se représentent assez souvent. . . .
MADAME DUMAS
Tu as le temps d'attendre... Mon pauvre frère, s'il vivait encore , quel serait son chagrin en voyant tourner aussi mal un enfant qu'il avait si bien élevé 1 Le fils d'un huissier près les tribunaux se faire auteur ! . . . Aristide , tu vas te brouiller avec toute la famille.
(EUesort) ^ISTIDE
Ma brave tante n'est guère au niveau du siècle^ Duiue.
Oh, c'est vrai Elle trouve toujours que je
rentre trop tard,
AmSTIMi.
Elle se figure que le3 auteurs d'aujourd'hui. son!:
comme ceux d'autrefois. Elle les voit encore €omme ,
» CoIIetet, crotté jusqu'à Téchine ,
» Et cherchant un dîner de cuisine en cuisine.
Mais ce n'est plus cela. Oh! tu me verras, Dumas, tu me verras dans un an, avec un appartement superbe, un cabriolet, toutes les douceurs de la vie.
PCHA3.
Quel plaisir.... Dis donc , tu me conduiras dans les coulisses?
ARISTIDE
Sans doute.
Il y a si long-temps que je désire voir un théâtre, causer avec les acteurs!..... Cela doit être si agréable!
ABISTIDE.
Parbleu , c'est ravissant ; on se-fait dans le monde une idée bien fausse de tout cela. On s'imagine que la discorde et l'envie ont élu leur domicile chez les comédiens; ceux que je connais depuis huit jours sont d'une politesse, d'une amabilité... Les plaisirs sont leurs seules affaires. On m'étourdissait aussi des dégoûts attachés aux débuts littéraires : je les attends encore. Le comité ne m'a