CÉCILE, ALFRED
CÉCILB.
Vous êtes donc arrivé hier de votre garnison ?
ALFRED
Oui, Mademoiselle, à huit heures du soir, et j'ai trouvé mon père furieux de ce qu'on avait déjà nommé deux candidats.
CÉCILB.
Il sera peut-être le troisième.
ALFRED
Franchement, je ne le souhaite pas. Il sera beaucoup plus heureux, avec sa meute et son fusil que dans la capitale , où mille personnes l'éclipserpnt. D'un autre côté sa présence à la Chambre ne peut être d'aucune utilité; il a tous les préjugés de l'ancien régime
CÉCILE
Quel langage. Monsieur Alfred!.... Eh! mais vous êtes donc bien changé depuis un an?
ALFRED
Changé ! Non , car je vous ai^ne toujours.
CÉCILE
Ce n'est pas de cela que je veux parler.
ALFRED
Je le sais bien , mais n'entamons pas ce chapitre , je vous en prie : il est vrai qu'autrefois n'ayjint jamais quitté le château de mon père , j'avais adopté sans réflexion les idées qu'on m'avait données dans mon enfance. J^ai vu le monde depuis mon départ , et je n ai pu fermer les yeux devant la lumière.
CÉCILE
Oh le vilain petit philosophe !
ALFRED
Que nous importe , après tout , le choix qu'on fera ? Nous avons un sentiment qui nous est commun , et celui-là seul doit nous occuper.
CECILE
Surtout, n'allez pas tenir de semblables discours devant mon père : il vous aime beaucoup , mais en sa qualité de préfet il serait forcé de se refroidir.
ALFRED
Soyez tranquille, assez d'autres personnes l'étourdissent de politique pour qu'il aime à la laisser de coté quelquefois ; et certes je n'entamerai pas de discussion.