‹ Proverbes romantiquesChapitre 57 sur 157 · SCENE IL · texte numérisé non relu

SCENE IL

marquis de Borîgny fait partie de Tancienne noblesse, et cela mérite considération.

LE PRÉFET

Sans doute , et voilà ce qui m'arrête : c'est un homme comme il n'y en a plus assez et comme il en faudrait beaucoup.

M. D'ERGÉ.

Vous avez bien raison ; son fils ne doit-il pas être votre gendre ? .

LE PRÉFET

Mais... , nous en parlons.

M. D'ERGÉ.

Jeune homme charmant, qui doit réussir.... , plein d'esprit, de vivacité.

LE PRÉFET

Il est fort bien.

ML B^EIGÉ.

Soutenant ses opinions d'une manière spécieuse et tout-à-fait brillante.

LE PRÉFET

^ Spécieuse, dites-vous?

M. D*ERGÉ.

Oui : si l'on n'était pas bien affermi, on serait tenté de se rendre.

LE PREFET

Je ne vous comprends pas; le fils du marquis de Borigny pense fort bien.

io8 LES ÉLECTIONS.

M. D'ERGÉ.

Comme Jean-Jacques.

LE PREFET

Que me dites-vous là?

M. D'ERGÉ.

Ce matin , au café , où je suis allé déjeuner pour être au courant de ce qui se dit, il déclamait tout haut contre la loi du sacrilège, mais avec un esprit dont vous n'avez pas d'idée.

LE PRÉFET

Voilà qui me confond ; Tannée dernière il était si intéressant !

H. D*ERGÉ.

Les jeunes gens se gâtent entre eux ; mais cela n'aura qu'un temps, et il sentira bientôt le vide des idées raisonnables, c'est-à-dire.... des idées libérales.

LE PRÉFET

Cependant , s'il parle en public , conune vous le dites

M. D'ERGÉ.

Oh ! il ne se gêne pas.

/ LE PRÉFET

Je risquerais de me compromettre en lui donnant ma fille.

M. D'ERGÉ.

Oh!... l'on ne fait pas attention aux discours d'un jeune homme.

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