II. LENOIR
Toujours plaisant Au revoir.
( Entre Paal Durand qui w promène un moment de long en large prés de IL Iien(Mr,et i'aborde en !• aaluant. )
PADL DURAND.
Pardon, Monsieur; n'êtes-vous pas M. Lenoîr?
M. LENOIR
C'est moi-même , Monsieur.
PAUL DURAND
Je suis enchanté de faire votre connaissance; car enfin, il est ton jours agréable d avoir quelques rapports avec celui auquel on donne sa voix.
M. LENOTR.
Monsieur , c est trop de bonté.
PAUL DURAND
Oh! voyez-vous, c est que nous sommes bons, dans notre commune , et à l'exception de deux ou trois ganaches , nous sommes tous bien décidés à vous nommer-
ii4 LES ÉLECTIONS.
Bf. LBNOIR.
Ce que vous me dites, Monsieur, me console d'avance sur le peu de succès que je puis obtenir.
PAUL PGRAND.
Soyez tranquille, nous ferons la poUce; tout se passera dans les réglés , et si vo^ coocurrens l'emportent, ce. sera du moins bon jeu, boa argent. Je ne connais pas ce M. D'Ergé ; mais quant au marquis de Borigny, c'est jin homme qui voudrait nous ramener les droits seigneuriaux.
U. LENOIR
Il est de l'ancien régime.
PâUL DURAND.
Croiriez -VOUS qu'il m'a fait un procès pour avoir tué un lièvre dans un de ses prés ? Moi qui n'ai de propriété que ma filature , il faut pourtant bien que je chasse quelque part. C'est im droit naturel, je pense.
M. LENOIR
Oui, mais qu'on ne peut exercer que sur ses propres terres.
PAUL DURAND
Je vous répète que je n'en ai pas !.... Tous ces raisonnemens-Ià étaient bons avant le^ révolution ; mais aujourd'hui
M. LENOIR
Vous avez mal compris la réforme Tenez ,
voici l'autre candidat.
• SCENE III. ii5
PAUL DDBAND.
M. D'Ergé?
M. LENOIB.
Oui
PAUL DORAND.
Ah ! je suis curieux de savoir quel homme ce peut être , car il n'est pas du département , et personne ne le connaît*
(Eatrelf. D'Eigé.) PAUL DURAND.
Monsieur 9 votre serviteur.
M. D'ER<ÎÉ.
Monsieur, j'ai bien l'honneur de vous saluer.. 4 A qui ai-je l'honneur de parler?
PAUL DURAND
Je 'suis Paul Durand^ Monsieur , électeur du grand Collège.
H. D'BRGÉ.
Je suis ravi de vous connaître. Vous attendez comme moi l'ouverture de l'assemblée?
PAUL DURAND
Oui, Monsieur, et je causais avec un de vos compétiteurs. Ah ! ah ! Messieurs , vous voilà de-^ vaut votre juge Eh ! eh! eh !
M. D'ERGÊ.
Nous sommes sûrs d'avancie de son intégrité.
PAUL DURAND
M. Lenoir sait si j'agirai en conscience.
n6 LES ÉLECTIONS.
M. LENOIR
C'est le but d^ votre mandat.
PADL DCRAND.
Je n*ai jamais eu d'autre règle de conduite depuis mon départ pour l'armée en 1 796 jusqu'à présent.
M. D'ERGÉ.
Ah ! Monsieur a pris sa part de nos victoires?
PAUL DURAND
Oui, Monsieur, j ai eu l'honneur d'appartenir à la vieille garde.
C'est un brevet de héros.
PAUL DURAND
Notre chef pouvait les signer comme grand maître de l'ordre.
M. LENOIR
Il est malheureux que sa gloire nous ait été si funeste, car ses triomphes, en fermant nos yeux sur son despotisme , ont frappé d'un coup violent notre indépendance et nos droits.
. PAUL DURAND , i p.irt.
Tiens!.... on m'avait dit que ce Monsieur était libéral !
M. D'EROÉ.
Il ne m'appartient pas d'en parler, ayant été attaché à sa cour en qualité d'officier du palais...