SCÈNE IL i4i
MADEMOISELLE ZOÉ
Voyons, lisez.
MADAME DESCHAMPS
Tu es plus jeune que moi , tu liras plus couramment.
( Elle lai paate la lettre.) MADEMOISELLE ZOÉ.
C'est que... en vérité j'ai les yeux dans un état, que je n'y verrais pas un mot. i a uudame pradbooune ) Ditesnous ce que c'est^ ma tante Prudhomme.
MADAME PRUDHOMME
Attends donc Je crois que j'ai oublié mes
lunettes.
MADAME DESCHAMPS
Ma sœur a les siennes , prenez-les.
MADAME PRUDHOMME
Bah... ce sont des lunettes pour tricoter et non pas pour lire.... A vous, madame Duret.
MADAME DURET
Vous savez bien que je n'ai lu de ma vie.
( y ornent de silenee. } MADAME DESCHAMPS , remettant la lettre dana n poche.
Enfin, je vais vous en dire à peu près le contenu. C'est un Monsieur fort riche, qui porte l>eaucoup d'intérêt à ma fille , et lui fait des offres de service.
i42 LE CONSEIL DE FAMILLF.
MADEMOISELLE ZOÉ
En vérité?
MADAME DESCHAMPS
C est comme je vous le dis. Maintenant, mes bon nés amies , je veux savoir ce que vous pensez sur ce qu'il faut faire pour concilier les intérêts de Julie , avec la bonne réputation dont elle n'a cessé de jouir jusqu'à présent.
MADAME DURET
Çà ne se peut pas.
, Jlf ADEMOISELLB ZOÉ.
Vous n'y entendez rien.... Je votis dis que cela se peut , moi qui vois le monde.
MApAME DURET.
Je ne le vois peut-être pas?
MADEMOISELLE ZOÉ
Oui, en bonnet de nuit. . . . ( i M«iame DMchuopt ) Ecoutez , ma tante , rien n'est plus simple. Il faut refuser net.
MADAME DURET
C'est ce que j'allais dire, ainsi il n'y avait pas besoin de faire tant de phrases.
MADAME PRUDHOMME
Je pensejj. moi, qu'il faut accepter : cette pauvre enfant' a besoin d'appui ; la famille n'est pas riche et s'est gênée pour elle...