‹ Proverbes romantiquesChapitre 98 sur 157 · SCÈNE ï. • i8i · texte numérisé non relu

SCÈNE ï. • i8i

L'ONCLE

. Tu m'en demandes trop. Je veux bien te conter mes anciennei^ sottîses; mais je dois respecter Q^lles des autres. Puisque tu.prends ici une leçon > * retiens en passant qu'un galaiït homme ne compromet jamais le nom d'une femme qui lui a cédé , et que dans ces sortes d'afiairès le secret est pour lui de rigueur.

LS NEVEU

Je m'en souviendrai, mon oncle; mais e&pli- ■quez-uioi comment se termina cette histoire.

VONGLE.

La lettre qne tu viens: de lire me jeta dans une situation d'esprit singulière. L'empressement que l'on témoignait, sans aucun mélange de crainte sur la conduite que je pourrais tenir, me; parut peu naturel; j'y crus voir un calcul de confiance qui répugnait à mon amour-propre déjà piqué du ton impératif que f on employait. Cécile eût été plu^ intére^/sante à mes yeux e^. exprimant quelques soupçons , dont la réticence annonçait moins d'abandon que d'habilité. Eh quoi; me dis-je , voudrait-on profiter d'une faiblesse pour m'ôter letemps de la réflexion, et me faire réparer promptement,. sans m'en laisser le mérite, ce qui n'est plus réparable sans moi?.. . Le triomphe facile que j'avais obtenu me semblait un mauvais présage

iftu LE PORTE-FEUILLE, etc.

pour ma sécurité future : placé entre le devoir et les inquiétudes , je résohil» de ne rien hâter. On eut l'esprit de ne pas se plaindre lorsque je de- ' mandai du temps; mais comme on n*en avait p4^ à perdre , les batteries furent brusquement changées , et je reçus, quelques semaines après, un billet de faire part qui m'apprit le mariage de Cécile avec un, de mes rivaux, dont le bonheur en ménage ne fut pas de nature à me donner des regrets.

LB NBVEU, nmt.

Ah! le brave homme!.... Mais voyez à quoi Ton s'expose!.... Cependant, mon ontilê, je gagerais que vous n'avez pas pris ce parti sans peine.

L'ONGLS.

Non, certes!.... et que cette aventure te fesse réfléchir , mon mm ! Vois qtielles suites pouvait avoir mon imprudence , s'il ne se fât trouvé là quelqu'un pottr la couvrir l Redoute les occasions semblables : elles sont souvent funestes. Le danger que j'avais couru me dégoûta du mariage;' j'évitai des conquêtes si périlleuses , peur mè borner à ces liaisons au-delà desquelles on ne trouve qtie des souvenirs agréables, quand on a la sagHsede s'arrêter à temps. L'énumération en serait lon^ goe et n'offrirait aticune variété ; j'étais parvenu à l'âge où ellfes deviennent faciles : la jeunesse a

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