‹ Proverbes: Un mélodrame: De bas en haut: Le testament normandChapitre 13 sur 52 · SCENE XL · texte numérisé non relu

SCENE XL

LE MAGICIEN. — Laisse-moi , je n'ai rien à l'apprendre; lu t'ennuies, tu voudrais bien faire partager ton ennui à quelqu'un ; je ne suis pas ton homme ; j'ai à faire â une certaine Grecque deux ou trois prédictions qu'il dépendra d'elle de réaliser.

LE DOMINO. — Si tu n'as rien à me dire, écoulemoi.

RAMiRE. — Plus tard.

LE DOMINO. — As-tu ou!)lié le 16 octobre ?

RAMIRE. — Tais- toi.

LE DOMINO. — Je ne me tairai pas, cl tu ni'écouteras.

RAMIRE. — Alors, parle plus bas.

LE DOMiNo. — Tu n'as pas oublié celle nuil où, sur un soupçon jaloux, lu as empoisonné ta maîtresse et l'amant qu'elle te préférait ; lu sais qu'un homme l'a sauvé et t'a fait échapper aux vengeances de la justice.

RAMIRE. — Mais je pensais que cet homme seul...

LE DOMINO. — 11 faut que cette nuit même tu m'apportes le poison dont tu l'es servi dans la nuil du 16 octobre, ce poison qui tue par le sommeil, qui ne cause pas de douleur et ne laisse pas de traces.

RAMIRE. — Jamais ! mes nuits sans sommeil ont expié mon crime ; je n'en commettrai pas un second.

LE DOMINO aie son masque. — Dans une heure^ à celle même place ! lu m'entends ?

RAMiRE. •— Grand Dieu! que veut-il faire? Je serai donc toujours sous la dépendance de cet homme! Dans cette terrible nuit du 16 octobre, j'étais trahi, j'étais jaloux, et cependant j'ai eu, j'ai encore des remords ; et aujourd'hui je commettrais un second crime , sans haine , sans passion , contre quelque créature innocente peut-être ? Non,

jamais I

(U reste seul.)

Mais il peut me perdre ! — Que se passe-t-il en

lui? — Je croyais que le bonheur avait adouci ce

cœur. — Ah! il me vient une idée! c'est le

ciel qui me l'envoie.

(Il sort. — Paul et Hélène passent ; Hélène s'appuie tendrement sur Paul, qui la regarde avec ravissement.)

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