‹ Proverbes: Un mélodrame: De bas en haut: Le testament normandChapitre 14 sur 52 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

HÉLÈNE. —Nina, Raymond est parti?

NINA. — Oui, madame. Il va, dit-il » chercher

lui-même un célèbre médecio qui demeure à six lieues d'ici.

HÉLÈNE. — Nioa, je vais mourir.

NINA. — Ah ! madame, ne vous frappez pas Tespril de pareilles terreurs.

HÉLÈNE. — Le prêtre me Ta dit , Nina ; je vais mourir !

NINA. — Sou iïrez- vous donc beaucoup, madame? HÉLÈNE. — Non, mais je meurs; mes membres s'engourdissent, mes yeux se ferment «malgré moi ; je sens que je vais m'endormir pour ne plus me réveiller. Nina, puisque Raymond est parti, il faut que je voie mon amant, que je lui dise adieu. Va le chercher.

NINA. — Ma chère maîtresse, vous avez la fièvre ! calmez-vous, ne me donnez pas d'ordres impossibles à accomplir.

HÉLÈNE. — Impossibles ! et pourquoi ?

NINA. — Votre mari peut rentrer.

HÉLÈNE. — Il serait là, que je dirais que je veux voir Paul avant de mourir. — Ah! la mort délivre de toutes les servitudes ! — Je n'ai pu donner toute ma vie à celui que j*aime, je veux au moins lui donner mes derniers instants. — • Ah ! Nina, j'étais trop heureuse !

xixA. — Mais, chère maîtresse, vous n'êtes pas dans le danger où vous croyez être : — bien portante hier et fraîche comme une rose, vous pensez mourir aujourd'hui sans avoir été malade !

iiÉi^xE . — Je te dis que le prêtre m*a avertie; — et d'ailleurs, je sens bien que je vais mourir ; — le ciel nous donne ces avertissements peut-être pour

qu'on se repente. — Hélas ! je ne puis que regretter, je ne puis me repentir. Va chercher Paul.

NINA. — Mais, madame, si le seigneur Raymond rentre et le trouve ici, il le tuera.

HÉLÈNE. — Eh bien! pourquoi vivrait-il quand je meurs? Écoute, si tu ne m' obéis pas, je le ferai venir néanmoins : je vais appeler et charger de mes ordres le i)remier domestique qui viendra. — J*en chargerai Raymond lui-même ; je ne veux pas mourir sans voir celui à qui est ma vie ; — je veux que son amour remplisse mes derniers instants.

NINA. — J*y vais, madame; — mais, encore une fois, vous vous trompez,^ — vous ne mourrez pas, et vous vous perdez. — Etes- vous bien sûre que cet homme mérite votre amour ?

HÉLÈNE. — Est-ce que ça se mérite, Tamour ? — Je l'aime, je vais mourir, je veux le voir. — Mais que dis-tu?... Nina... saurais-tu quelque chose? Me tromperait-il? Ah I parle... parle donc ! lu vas me faire mourir désespérée !

NINA. — Non, non, ne doutez pas de lui ; il ne pense qu'à vous ; il sait que vous êtes malade. Dix fois déjà il a envoyé Antonio, et lui-même ne cesse de rôder devant la porte.

héiIne. — Va donc le chercher, car. je te le répète, je vais mourir.

(Nina sort. Une autre femme de chambre la remplace dans la fliambrc d*Hélène, mais se tient loin du lit.)

IH IN MÉLODKAIIE.

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