‹ Proverbes: Un mélodrame: De bas en haut: Le testament normandChapitre 38 sur 52 · LES MÊMES, UN DOMESTIQUE · texte numérisé non relu

LES MÊMES, UN DOMESTIQUE

LE DOMESTIQUE. — Mcssîeurs, une dame, qui s'appelle madame Régine Saphyr. demande à vous parler. Elle est accompagnée de quatre voisins qui la connaissent depuis son enfance. Elle vient, dil-elle, pour la ferme et pour la poularde.

LE TABELLION. Elle arrivc à propos, car je n*ai pas besoin de dire à M. et à madame Rigois qu'ils ont perdu tous leurs droits à Taubaine.

URSULE. — Eh bien ! tant mieux, on ne mangera pas la poularde au riz !

RiGois. — Ah I vous croyez cela, madame Rigois?

Eh bien ! c'est ce qui vous trompe : on en mangera

tous les jours, le matin et le soir; on ne mangera

plus autre chose à la maison.

(Ils sortent. — Entrent par une autre porte Régine Saphyr et deux de ses>oisins avec leurs femmes.)

LE TABEuiûN. — C'csl VOUS qui êics madame Saphyr, madame ?

RÉGINE. — Oui, monsieur.

LE TABELLION. — Vous vcncz pouF la fcimc ?

RÉGINE, regardant une lettre qu'elle a entre les maim, — Et pour la poularde, monsieur.

TABELLION. — L*une ne va pas sans Taut-e.

Quels sont ces messieurs et ces dames ?

RÉGINE, consultant toujours sa lettre, — Les voisins exigés par la clause du testament, et ma mère.

LE TABELuoN. — Depuîs combieu de temps êtes- Yous mariée, madame ?

RÉGINE. — Il y aura trois ans à Noël, monsieur.

LE TABELLION. — Et depuis deux ans et demi il ne s'est pas élevé une seule discussion entre votre mari et vous, et vous ne vous êtes repentis ni l'un ni l'autre?.,. Mais où est votre mari, madame ?

RÉGINE. — Je l'attends, monsieur; il ne va pas tarder â venir.

PHILIPS. — Veuillez vous asseoir, mesdames et messieurs. On va vous faire servir des rafraîchissements. Quand M. Saphyr sera arrivé, vous sonnerez ici, un domestique se présentera, et vous n*aurez qu'à lui ordonner d'avertir M. le tabellion et... votre serviteur.

NORMAND. tt9

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