I . Traité du libre arbitre, chap
contraire, en faisant que l'homme agisse conformément à sa nature, c'est-à-dire avec liberté. »■
Mais, fera-t-on peut-être observer malicieusement, le Pape ne dit pas que « la prédéterminalion physique ne détruit pas Je libre arbitre; » il dit seulement que « les Dominicains disent que, loin de le détruire, il le perfectionne. » Il s'ensuit que de l'avis du Pape, la foi des Dominicains est intacte; mais leur doctrine ne contient-elle pas \ù germe d'une hérésie? Le Pape ne le nie point.
Il est aisé de comprendre que les molinistes tiennent fortement à cette insinuation, car elle est tout le fondement logique de leur science moyenne et de leur concours simultané. Mais on n'a, pas oublié ces graves paroles de Benoit XIII, que l'École thomiste, c'est-à-dire l'École de la grâce intrinsèquement etïicace, est « la plus éloignée qu'il soit possible, quam lo?igissime ahest et abfnit, des hérésies de Calvin, Jansénius et Quesnel, et l'adversaire déclaré de leurs pernicieuses erreurs, perniciosis as^ertis adversans. »
C'est donc à bon escient que le cardinal Franzelin, jésuite, a écrit, après tant d'autres, que la différence entre la doctrine de Lémos et d'Alvarez et celle de Calvin et des jansénistes est immenseK
Voilà pourquoi, suivant le conseil de Benoît XIII, les thomistes méprisent les calomnies lancées con-