I. De Deo uno, tii, 43, note. « Discrimen iiiler hancdoc
Irinam a calholicis (.loctoribiis propositain et doctrinam jansenianam vel Protestanlium veterum quoad libertatem arbitris est maximum. »
Ire leur système. « Méprisez magnanimement, chers fils, les calomnies lancées contre vos opinions de la grâce intrinsèquement efficace et de la prédestination gratuite a la gloire sans aucune prescience de mérites, que vous avez enseignées jusqu'ici d'une manière digne d'éloges, et que votre École se glorifie, avec un zèle recommandable, d'avoir puisées dans saint Augustin et saint Thomas, et de trouver conformes à la parole de Dieu, aux décrets dos Papes et des Conciles et aux sentences des Pères. » Les thomistes n'ont donc pas k se défendre de l'imputation d'hérésie. On le verra plus clairement encore par la discussion du second fait allégué contre le Thomisme, à savoir que « la prédétermination physique a été condamnée dans la sixième session du Concile de Trente. »
Pour étayer cette allégation, un moliniste en appelle doctement à « l'autorité » de Fra Paolo Scirpi, fameux « historien » du Concile de Trente. Il raconte avec ingénuité faneciiote que voici :
« Parmi les théologiens réunis à Trente, il s'en rencontrait quelques-uns qui pensaient comme Bannez. Car, à en croire Sarpi, son opinion fut discutée au sein du Concile. Mais, chose curieuse. toujours d'après Sarpi, cette discussion s'engagea entre Dominicains. Or, le célèbre Dominiiiue Soto
affirma qu'aucune motion divine ne suffisait par elle-même ; que la motion à laquelle la volonté consentait devenait efficace par le fait même du consentement; et que, si le consentement n'avait pas lieu, la motion restait sans effet, non par quelque défaillance de la vertu divine, mais par un défaut de concours humain. Sarpi ajoute que cette doctrine prévalut. N'est-ce pas avouer que le débat entre le Néothomisme et le Molinisme a pris naissance dans le Concile même, et que cette dernière doctrine a été victorieusement défendue par le dominicain Soto?Par conséquent, les règles d'interprétation conciliaire demandent qu'on entende suivant cette doctrine le fameux décret de la session sixième, où il est défini que la volonté peut résister a la grâces »
Voilà certes une historiette piquante : la prémotion physique des thomistes démontrée hérétique par Soto en plein Concile de Trente ; par Soto, de qui le savant P. Echard rapporte^ qu'il combattit avec vigueur les blasphèmes des hérétiques contre la nature, les effets et les causes, de la prédestination, de la justification et du mérite, et que, « par ordre des Pères du Concile, » il prit une très grande part à la rédaction des décrets de la cinquième et de la sixième session.; par Soto, qui, dans le même temps, écrivit son bel ouvrage de Natura et gratia, si plein de science, si achevé.
I. R. P. de Régnon, Bannez et Molina,^. 18. .2. Scriptores Ord. Prœdicalorum.
LA NOTE MANUSCniTE DE PAUL V. 89
qu'il mérita la haute approbation du Concile, et que les Pères, pour témoigner it Fauteur leur admiration, lui accordèrent Tlionneur d'avoir des armes particulières ^ Quel coup terrible pour les pauvres bannésiens! Outre qu'il faut entendre un décret de foi dans le sens moliniste, et que, par le fait, le Thomisme est foudroyé!
Mais, remarijuera sans doute un thomiste, il était donc bien facile aux amis de Molina de fermer la bouche à leurs adversaires dans les Congrégations de Aiixiliis. Pourquoi ne Font-ils pas fait? Le zèle de la foi paraissait Fiîxigcr, les circonstances étaient pressantes; Molina, [)Oursuivi par les prémotionistes et abandonné en partie par les siens, réclamait une revanche éclatante : encore une fois, pouriiuoi n'a-t on pas tiré des archives les Actes authentiques du Concile, et n'a-t-on pas écrasé les thomistes du poids de leur autorité? Cela se serait fait le i)lus aisi'ment du monde, car, d'après bellarinin, dit le P. de Hégnon 2, les actes du Concile relatent que « dans une conférence qui précéda la sixième session , deux théologiens exposèrent ce système de la prédétermination du libre arbitre, mais il fut mal accueilli, parce qu'il ne parut pas bien catholiiiue, et le décret fut formulé suivant Fopinion commune des autres théologiens. »
Pourquoi donc les congruistes, dans les Congrégations de Auxiliis, ont-ils négligé un moyen si
1. DoiiK lu.iiiis serrées d'où sorl une flamme, avec ceUe devise : /ides quœ per cliaritalein operalur.