‹ Providence et libre arbitre selon Saint Thomas d'AquinChapitre 114 sur 144 · LE CONCOLT.S SIMULTANÉ ET L\ CAUSE PREMII'KE · texte numérisé non relu

LE CONCOLT.S SIMULTANÉ ET L\ CAUSE PREMII'KE

Molina ne veut pas qu'on dise que Dieu meut les causes secondes ii agir, qu'il les applique a leurs opérations. Il ne com[)rend pas la motion divine tombant sur la cause avant de parvenir a Tetlet. Tel est l)ien cependant le langage et la pensée thomiste. Siiarez Ta reconnu. « D'après ces paroles (in 5 de potenlia, art. 7, ad 7), il est clair, dit-il, que Dieu communique a la cause seconde une certaine force réelle et transitoire, que nous appelons intentionnelle, et qu'ainsi Dieu détermine la cause seconde ii agir, se servant d'elle comme d'un instrument pour l'opération. Nous l'avouons ingénument, c'est le sentiment de saint Thomas ^ » Le cardinal Tolet pensait de même.

scu efferlnin proilucit ; sic Dens concursu quodam (jencmli iiiiinediale influai cnm ea in eamdein operalionein, el per operalionem seii aclioneni terniirinrn illius alque effeclum producal. Que fil ul concursui; Dei gcneralis non sit influrux Dei in camam sccundam, quasi illa prias eo moin agat, cl prodacal suum effeclum, sed sit infJuxus immcdiale cum cnusn in Hlius actioncm cl effeclum. Quid(}ui(l aiitem sil de loco illo paiilo anlo citalo, forle ncque 0. Thomas a nol)is dissenlil. Cnjelanus namcjne, (pii nioduni loqucndi l). Thoiiue serval, ila <iiaiu ac I). Tlioinic f.eiUenliani inlerprelalur , lU prorsns nobiscun» consential. {Concorde, qu. i4,arl 13,disp. 26).

1. <( Celebris locus osl ex qu. 3 de pol., orl. 7, ulii I). Tiioinasail : " Id quod a Deo fit iu re nalurali, (|uo aclualiler agat, csl ul iutenlio soia, habens esse quoddaru iucomplctuin, per iiioduin quo colores sunl in acre, cl virlusarlis in inslruinenlo » l\'r quœ vcrba plane docct Deutn inlhiere causœ secundi\3 aliquam virlutem realem et fluentem, (juam inlcnlionalein vocaul ; per illani ergo intellipil dctcnninare eausani sccundam, el uli illa tanquani inslrumento ad ejus operalionem. De quo loco ingénue falemur D. Thomam ibi ila

Dans son E narra tio in. S. th. S. T/iomœ Aq. il reconnaît expressément que, d'après saint Thomas, Dieu meut les causes secondes et les applique à l'acte par une prémotion déterminante , qui est une force surajoutée transitoi rement à la puissance active des créatures ^ Bellarmin partageait cet avis. Il rapporte, en effet, que, dans la doctrine de saint Thomas, Dieu, comme cause efficiente physique immédiate, meut et détermine la volonté à son acte, au moyen d'une force appliquée transitoirement a Ja cause seconde, quand celle-ci opère 2. Vers la fm du dix-septième siècle,

sensisse. [De vcra intdUgenlia auxilii efficacis, cnp. 40, ^ 8.) r — Suarez, il pst vrai, a [iréteiuîu que saint Thomas' s'était rétracté dans les autres ouvrages. Mais comme il est évident que saint Thomas a toujours p;n"lo et pense de même sur ce point, Suarez revint plus tard sur sou aveu, et W essaya d'interpréter le texte de la 3® qil. dépôt, dans le sensdu concours simultané. Toutefois, il sentiit lui-même l'inutililé do ses eîforts, et il disait : «. Si oui visum fuerit vim aliquani inferri illi litterœ, polest persistere in [)riùri responsione a nobis data, » c'est-à-dire que saint Thomas avait changé d'avis. (.\p. Dnmmermuth, Sanclus Thomas ci doctrine prœmoiionis physicœ, p. 216, note 'I.)

i. « Quidam tenent creaturas esse ut Dei instrumenta, quibus operalur, ita ut Deus movecU el prias nalum ipsas applicet ad opus dclerminando •• cujus sententia? fuit S. Thomas In qua motione causa secunda, ultra virtulem pro-

priam productivam, recipit a Deo aliam, sed -per modunk transeuntis, quaiiîdiu durât motio divina ad ojjus. » Ap- Dummermuth, p. 689-999.

2. « Voluntalem Deus inclinât !« efficienler et ph\sic(> immédiate eam movendo et dekrminandh ad opus... Viilns a Deo impressa per modum transeuntis, dum causa secumla operatur, non dislinguilur ab ipsa virlule iiaturali, sed est

LE CONCOUUS SIMLLTANK ET LA CAUSE PREMlKliE. loi

le p. Daniel, jésuite, écrivant au savant dominicain No(;l Alexandre, se faisait l'écho de ces illustres tliéoJo<>iens. Les [)reuves données par saint Thomas nous font «concevoir, dit-il', que Dieu agit dans Faction de la créature en [)roduisant dans la créature quehiue chose qui précède Faction de la créature, en vertu de quoi elle est déterminén a n|.nr... Les théologiens qui, pour ne pas^ paraître alKindonner saint Thomas, l'expliquent du concours (simultané), forcent visihlement le sens du passage. » Enlin les néomolinistes de nosjours n'y mettent pas moins de franchise. « Il est diflicile, quoi qu'on fasse, dit le R. P. de Régnon, d'expliquer par un simple concours tomhant sur l'acte tous les textes où saint Thomas afiirme une motion delà faculté elle-même^... Saint Thomas ne comprenait pas l'opération divine dans les créatures comme les partisans du concours simultané... On doit dire, si l'on veut suivre la doctrine de saint Thomas, que la cause première meut réellement la cause seconde , et qu'une inlluence de Dieu dans toute action tombe sur la cause avant de parvenii' h relïet^ »

ill;i e;ulem, (lualnnis ill;i Di us uliliir ad illaiii aclionem. {Controv. de (jral ellih. 4,01;) 11 cl 16.) >» Sur le point de la dislindioii entre la niolion divine el la cause seconde Hellannin i)araîl s'écarler de rmlerprélalioa Uiomisle, aussi bien du reste (jue sur l'elTicacilê de la délerniinalion.

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