c Gratnila pra?deslinalio allioribus pêne principiis ni
192 THO-^lISME ET MOLINiSME.
Mais alors, de quoi la science moyenne sertelle aux molinistes dans cette question de la gratuité du libre choix de Dieu? — Je réponds sans crainte qu'elle ne leur sert de rien, absolument de rien. Je suppose, si l'on veut, que, par la science moyenne. Dieu sait d'avance que s'il donne telle grâce à tel homme dans telles circonstances, cet homme y consentira librement, et posera l'acte salutaire, mais que s'il lui donne au
lilur quain lùlalur gi-alia per se efficax, adeo ut etsi gratia et decrela non essent per se elficacia, seil ex prîevisione consensus, ut volant scienti;e mediœ defensores; iinô eisi initium fidei et perseverantia essent ex nobis, ut Semipelagianis visuni est ; addiderim adhuc, etsi gratia; a'uxilium non essel necessai'ium, sed homoinnalâ libertale an propriis viribus pie posset vivere et beatitudineni assequi, ut volebant l"*elagiani : stnret adhuc 'prœdestlnatio , quatenus gratuila. Nam, etiani in eà hypothesi, essent îpurdani rerum séries, et ut ita lo(juar, via3 qusedain, in quibus si ponerelur lalis homo, ad salulem perveniret, alise vero in quibus positus certo periret; nec negari possel Denm lias vias earumque exiluni certo pisescivisse, nisi negaretur divina prœscientia; esselque in libéra Dei disposilione hune hominern collocare vel in via in quâ prœscilus est perituius, vel i'i eâ in quâ prsevisus est salutein censecuturus; nec eniin homo posset ullis merilis Deum obligare, ut se ]iolius quani aliuni in viis sibi sakUaribus conslituerel, sed iioc ex mero Dei beneplacilo penderet. Cuni eigo prœdestinatio sit decretum quo Deus statuit hune hominern prœ alio in viis ad salutem certo ducentibus collocare, quovis tandem modo hae viaiexplicenlur, eliam in eâ hypolbesi prœdeslinalio foret gratuila; sic(iue quoquo tandem nos vertamus, agnoscenda est gratuila Dei prœdestinalio, alque confitendun! in manibus Dei esse sortes nostras, id est, in ej us potes laie et beneplacito » (Goudin, Tract. theoL, de prsedest. art. 2. concl. 1 in fine.)
LK l'ROBLÈME DE lA PRÉDESTINATION. 193
contraire telle autre grâce, cet homme n'y consentira point et péchera; je suppose que, par la science moyenne, Dieu sait d'avance que, s'il donne à tel homme telle série de grâces, cet homme y correspondra librement et obtiendra le salut éternel ; comme il sait également que, s'il lui donne telle autre série de grâces, cet homme résistera et tombera dans la mort éternelle. Est-ce la prescience qui décide, règle, iixe le choix de Dieu? Non. Dieu choisit uniquement selon son bon plaisir, secimdam heueplacilinn , pro siuî tanluin libéra voluntate. « Il ne dépend pas de Thomme d'être placé dans l'ordre où il méritera... Il ne dépend pas de l'homme d'être prédestiné à recevoir la grâce qui est efficace... Il ne dépend pas de riiomme de recevoir les grâces par lesquelles on obtient la gloire... Il ne dépend pas de l'homme d'être placé dans l'ordre où il est prédestinée » Grâce, mérite, salut, tout est rapporté directement, uniquement, au libre choix de la volonté divine. La prescience moyenne n'y est absolument pour rien. C'est un élément inutile pour résoudre le problème spécial de la gratuité de l'élection divine relative aux prédestinés et aux réprouvés. 2