‹ Providence et libre arbitre selon Saint Thomas d'AquinChapitre 131 sur 144 · Uannez et Molina, p · texte numérisé non relu

Uannez et Molina, p

Ln PROBLÈME DE LA i'P.ÉDESTINATlON, 20^)

VOUS flans ce décret fjui ne soit pas dans le vôtre et (|Mi le rende contraire aux intentions de la t)oiit(; inlinie et à la sincérité de la volonté salutair(; générale, qui est en Dieu? Que si la séparation antécédente que vous enseignez n'ôte ni la conllance, ni l'amour, ni le courage, qu'y a-t-il de plus dans la séparation antécédente professée par les thomistes et les congruistes qui nous puisse ôler ces sentiments? Entre les deux séparations antécédentes il n'y a qu'une simple différence iVubjiH. Celle des molinistes regarde la grâce efficace, les mérites, l'ensemble des effets de la prédestination, au lieu que celle des thomistes et des congruistes se rapporte à la gloire considérée en elle-même et, pour ainsi dire, par opposition aux mérites et à la grâce efticace. Encore une fois (pi'y a-t-il dans le refus d'un de ces objets qui soit en contradiction avec les attributs de Dieu et (pii ne se rencontre pas dans le refus des autres ? Est-il plus facile de se sauver sans grâce efficace et sans mérites que sans prédestination il la gloire prise séparément? Au sens composé, il ré[)ugne tout autant que le non prédestiné ;i la grâce eflicace, ou au salut en général, soit sauvé, que s'il n'était pas prédestiné directement à la gloire éternelle.

On voit par lii que la théorie de la prédestination il la \:i,\{yir(i post prœvisa mérita ne donne aucun avantage aux molinistes contre la séparation antécédente enseignée par les thomistes et les congruistes. Je n'ai pas à défendre ici cette séparation

antécédente de PÉcole de saint Augustin et de saint Thomas; je m'en tiens à la critique du Molinisme.

Le principe de la théorie de Molina c'est que « en Dieu l'ordre d'intention est le même que l'ordre d'exécution. » D'où il suit que «Dieu a voulu d'abord ce qu'il a exécuté d'abord, et qu'il n'a voulu qu'ensuite ce qu'il a exécuté ensuite. » Par conséquent , « pour connaître l'ordre des intentions divines relatives à la prédestination d'un homme, il faut avant tout étudier la marche des bienfaits providentiels dans l'histoire de cet homme i. »

A dire vrai, je n'ai jamais bien compris pourquoi les molinistes ne veulent pas admettre pour Dieu la vérité de ce principe, que l'ordre d'intention est l'inverse de l'ordre d'exécution, « primum in intentione est ultimum in executione. » Par lui-même, ce principe est de sens commun : c'est un cas particulier de la loi logique que la cause a une certaine priorité sur l'effet. En ce moment je trace des lettres avec ma plume, je forme des mots, je compose des phrases, je traduis ma pensée par l'écriture, je travaille à communiquer mes idées à des lecteurs. C'est l'ordre dans lequel j'exécute l'intention que j'ai d'abord conçue de publier un petit essai critique. Tout ce que je fais est ordonné à ce but, et cette publication est la cause intentionnelle, la lin pour laquelle j'écris.

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