Cf. S. th., 1 p., qu. 19, art. 8 — qu..83, art. 1, ad
UKPLIQUR AU n. P. DE P.ÉGXON. 22!)
C'est la Science catholique du 15 septembre qui nous apporte la dércrise du Molinisme pur.
J'ai dit que le pur Molinisme ne satisfait point la raison : P parce que la science moyenne détruit radicalement la liberté; 2" parce que le concours simultané est contraire à la vraie notion de Dieu, cause première; o'^ enfin, parce que les tbéories molinistes sont inutiles pour résoudre le redoutable problème du libre choix de Dieu dans la prédestiuation et la réprobation des hommes.
Le dél'enseur du pur Molinisme avait donc a répondre sur la science moijenne, le concours simultané et la théorie de la préclestination.
Qu'a répondu le R. P. de Régnon?
Il a dirigé, je le confesse, de nombreuses attaques contre le Thomisme '. J'y répondrai dans l'ex-
1. l:xoin[)le : j'ai dit (page 212) : De ce que Dieu veut la lin avant les nioyens, il est faux de conclure que Dieu veut punir avant de vouloir permettre les fautes. — « Cette concession me suffit, ajoute le Révérend l^ère. 11 en résulte que, pour deux décrets au moins, savoir : vouloir pcrmeUre le péché et ]nnnr le péché, l'ordre d'intention est le même (jne l'ordre d'exécution. Voici une petite fissure (jni compromet la solidité du jirincipe que l'on proclamait absolu. » — Quel est le [)rincipe que j'ai proclamé absolu, mon Révérend Père? Quel est le principe d'où il suit que l'ordre d'intention est l'inverse de l'ordre d'exécution ? Laissez-moi le rappeler ici : Finis est ratio volendi va quœ sunt ad (inem. Démontrez donc, mon Révérend Père, que jmnir est vraiment la fin de la permission du péché, comme la gloire est la fin de la grâce. Alors, mais alors seulement, vous aurez le droit d'accuser les thomistes d'inconséquence, et de montrer la « fissure qui compromet la solidité de leur principe. x> — Pour « trouver la preuve philosophique qu'il
position de ce système. Étaler au grand jour les défauts de l'opinion contraire pour faire prendre la sienne, c'est sans doute d'un rhéteur homme d'esprit, qui connaît son monde; m^ais est-ce d'un philosophe parlant à des gens sérieux? Il s'agit de la théorie du Molinisme pur, mon Révérend Père; l'avez- vous hien défendue?
Science moyenne. — Que n'avez-vous essayé de soutenir au moins un des nombreux médium imaginés pour la science moyenne? Mais le Révérend Père sait trop bien que « de toutes les explications proposées, aucune n'est complètement satisfaisante. » — Et son argument à lui, l'argument de « la plus pure métaphysique, » tiré de .« l'antériorité virtuelle de l'être au vrai et du vrai au bien», l'a-t-il défendu? Nullement, car, il sait « qu'il faut renoncer à expliquer le comment de la science moyenne. » — Mais a-t-il attaqué du moins mon argument final qui atteint toute science des futuribles antérieure au décret divin?
Oui, le Révérend Père a écrit quelques lignes contre mon argument final (liv. 2, chap. 1, | 5). « Pour démontrer, dit-il, que la sience moyenne détruit l'idée même de liberté, (le R. P. Gayraud)
est de l'essence de la Cause première que l'ordre d'intention soit le même que l'ordre d'exécution, » le Révérend Père renvoie ses lecteurs à Bannez et MoUna et à la Métaphysique des causes. Mes lecteurs connaissent déjà cette « |)reuve philosophique » (page 207, note), et la réfutation que j'en ai faite. Pourquoi le Révérend Père n'a-il pas rappelé cette réfutation aux lecteurs de la Science catholique P
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part de œpostalatum, qu'avant toute hypothèse d'un décret divin il n'y a que pure nécessité dans les essences. Quanta moi, je pense que la contingence a sa racine dans les essences mêmes, et que l'essence nécessaire d'un être libre contient nécessairement la contingence des déterminations libres. Voilii deux façons diiïérentes de concevoir la contingence. Quelle est la bonne? C'est bien plus affaire de perception que de discussion. » Aussi le Révérend Père se garde bien de discuter. Du reste, il n'en est pas besoin : le poslulatiim indiqué par lui n'est pas du tout mon point de départ. Je suis du même sentiment que le Révérend Père sur ,1a « racine » de la contingence. Oui, « la contingence a sa racine dans les essences mêmes » ; et umnt toute hypothèse du décret divin, l'essence divine représente nécessairement les essences de toutes les causes libres ; et ces causes « contiennent nécessairement la contingence de toutes les déterminations libres » possibles. Mais Fessence divine représente-t-elle aussi , avunt tout décret divin, les causes libres comme librement déterminées à agir, et quelques déterminations libres comme futuribles? Voila le point : il ne s'agit pas de la racine de la contingence; ce n'est pas « affaire de perception. »
C'est toute la défense de la science moyenne par le H. P. de Régnon.
Concours simultané. — Et lo concours simultané, quel appui a-t-il reçu du Révérend Père? I/appui du plus complet silence. Pas un mol de mesargu-
ments. Peut-être cet appui parai tra-t-il un peu faible? Personne n'en sera surpris du reste, car on sait que le Révérend Père déclare avec franchise que le concours simultané n'est pas de saint Thomas, et qu'il faut le remplacer par une cqttSiiuQ pi'émotion physique, mais qui ne soit pas une prédétermination.
Prédestination. — Et la théorie de la prédestination? Oh ! celle-là, le Révérend Père a entrepris ouvertement de la venger de mes attaques. Suivons cette vigoureuse défense.
Le Révérend Père m'invite d'abord à « fixer le sens exact et précis du dogme de la volonté salvifique. » Ensuite, il rétablit dans son «intégrité native » ce « pauvre Molina » dont j'ai opéré, paraît-il, la « vivisection; » que j'ai « mutilé, disloqué et désarticulé » pour montrer « qu'il ne court pas mieux que les autres. » Enfin, le Révérend Père fait « trois réponses courtes et claires » à une question spéciale sur la prédestination et la réprobation.
Arrêtons-nous à chacun de ces trois points.
I. — Le Révérend Père dit : « Dieu veut sincèrement le salut de tous les hommes : cela, selon moi, veut dire : Dieu décrète de faire tout ce qui est absolument requis de sa part pour le sakit de chaque homme , de telle façon qu'il ne dépend plus que de chacun (de mériter et de gagner le ciel). » Et le Révérend Père désire savoir si j'admets cette explication de la volonté salvifique.
— Oui, mon Révérend Père, je L'admets, car je
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tiens comme vous, en bon catholique, (jue Dieu, en vertu de sa volonté salviiique, distribue a tous les hommes des secours suffisants pour le salut, de telle sorte que le salut est dans la main de l'homme et qu'il dépend de l'homme de se perdre ou de se sauver. Voilii ce que j'admets comme tout bon chrétien et tout bon thomiste. Mais j'appelle cette distribution des grâces un elfet de la volonté salvihque, car la volonté salvifique regarde directement la lin des grâces, a savoir, le salut. « Deus vult omnes homines salvos fieri. »
— Mais alors, direz-vous, vous admettez donc que Dieu veut sauver les hommes, si velint homines ?
— Pardon, mon Révérend Père, vous oubliez que la condition de la volonté salvifique n'est pas débattue par rapport au mode d'cf/icacité de la grâce et à Vexccudon du décret divin, mais par rapport au libre choix que Dieu l'ait gratuitement pour certains hommes de grâces dont il prévoit l'abus, d' «ordres providentiels aboutissant à l'impénitence linale, » d' «histoires» de réprouvés.
C'est ici qu'est l'équivoque, le malentendu.
Vous n'êtes pas, mon Révérend Père, au vrai point de vue, au point de vue du libre choix de la volonté divine' (i)agcs 197-200).
I. Je liens à relever deux plirases du Ilévérend Père qui visent Texistence mètne du problème spécial ; les voici : 1. ic Je n'iiiiiiiels pas (pie \e clioix enlre deux vouloirs soit un acte disliiicl du vouloir choisi, et (jue la raison de ce choix soit autre que la raison de ce vouloir. » — 2. « On sembl
Vous affirmez que « la volonté salvifique de Dieu , antécédente et conditionnelle , » peut serendre par cette phrase : Volo salvare Iwminem^