‹ Providence et libre arbitre selon Saint Thomas d'AquinChapitre 15 sur 144 · Qii. disp. de Veritale, (ju. 2, iirt. l'j · texte numérisé non relu

Qii. disp. de Veritale, (ju. 2, iirt. l'j

62 DÉCRETS PRÉDÉTERMINANTS.

connaisse à cause qu'il en est l'auteur ^ > De là naît précisément la difficulté. La science divine est une cause nécessaire, c'està-dire qui produit infailliblement son effet; donc le futur connu par Dieu et causé par lui arrive nécessairement.

Pour mieux préciser ce point difficile, examinons davantage la causalité de la divine prescience. Ce n'est pas, à proprement parler, en raison de la similitude de l'objet connu que la science de Dieu est cause de cet objet; s'il en était ainsi, tout ce que Dieu connaît, tout ce dont il est le type, la similitude, -l'idée éternelle, passerait à l'existence ; ce qui est impossible. Dieu, ni ne crée, ni ne gouverne, ni ne produit quelque chose hors de lui, par nécessité de nature, mais avec une pleine indépendance et une souveraine liberté : « Omnia quaecumque voluit fecit. » C'est pourquoi la volonté divine est la cause première et la raison dernière de toutes choses 2. La science divine devient donc cause de l'objet par l'ad-

1. Traité du libre arbitre, ch. 3. — « Cognitio omnis fit per assnnilationem cognoscentis et cogniti.,. Assimilatio in cognitione humanâ fit per actionem rerum sensibilium in vires cognoscitivas humanas; in cognitione autem Dei est e contrario per actionem formœ intelligibilis in res cognitas. {Cont. Gent., lib. 1, cap. 65.)

Page 1