Cont. Gent., lib. 2, cap
jonction do la volonté; de même que l'idéal de l'artiste reçoit, de la volonté de celui-ci, Tefficacité qui lui manque en tant que pur idéal : « Scientia Dei est causa rerum voluntate adjunctà '. »
De là ce rapport entre la science et la volonté : la science dirige l'exécution de l'ouvrag(% car c'est elle qui en conçoit la forme idéalo; mais la volonté commande, « imperat», car c'(\st la volonté qui détermine, « déterminât », la forme intelligible, Tidée, à passer ou non dans l'eflct^.
C'est donc le décret déterminant, « imperium determinans », de la volonté qui constitue la prescience divine, cause de Tohjet. Ainsi se forment en Dieu, suivant notre petite manière de concevoir les choses divines, les idées ou (wemplaires des créatures. Ces idées sont créatrices et productrices de leurs objets, ^< creativap et productive^ rerum »; saint Denys les appc^lle des prédé finitions de la volonté divine, « pnediflinitiones », des volontés prédéterminantes, « voluntates pra^determinativa'^. » La volonté divine, en efi'et, détermine Teflicacité de l'idée : « ad ea qua^ sunt, vel erunt, vel fuerunt. producenda (idea) determinatur ex pro-
l. .V. Ih., 1 j)., q. W, nrt. 8. — nrt. D . a.l 3. Oiuiist. '2 de YerUalc, art. li.
•?. S. th., 1 p., qu. 19. art. 4, ad 4. 3. Qua>st. 8 de YerUalc. art. 1.
64 DÉCRETS PRÉDÉTERMINANTS.
posito divinse voluntatis ^ » C'est pour cela que, selon Texpression du saint Docteur, tout est prédéter^niné par la Providence divine, « omnia sunt pra^determinata^. »
On voit par là que la science divine est cause de son objet, précisément en vertu du décret prédéterminant de la volonté divine. On appelle ainsi ce décret pour bien marquer qu'il a sur son objet la priorité de cause efficiente : « causa prior efléctu. » C'est donc la souveraine efficacité de ce décret prédéterminant qu'il s'agit d'accorder avec la liberté de nos actes futurs connus par Dieu.
Voilà le point précis de la difficulté.
Yoici l'objection ordinaire. Une cause nécessaire produit des effets nécessaires. Or, la science de Dieu est une cause nécessaire, c'est-à-dire qui ne manque jamais son effet. Bien plus, elle est cause première de l'effet, et la cause première agit avec beaucoup plus d'efficacité, « vebementius influit », que la cause seconde. Donc, toutes les choses connues par Dieu, qui sont des effets de sa science, arrivent nécessairement, et nos actes futurs eii particulier ne sont pas libres 3.