QuodUbet. 12, qii. 3, art
3. S. th., 1 p., qii. 14, art. 13, lo. — Quœst. 2 de Yeritate, art. 14. 5».
A cot argumont, saint Thomas a coutume do répoudro par uno sorto do fin do non-rocevoir. La scionco do Dieu, dit-il, est cause de son objet par l'intermédiaire d(^ la volonté divine et des causes secondes : « média nte voluntate, mediantibus causis secundis. » Il y a donc, entre la science de Dieu et l'effet produit, deux intermédiaires, à savoir, la volonté de Dieu et pnrlbis k^s causes secondes. D'où il suit évidemment que la science divine n'est pas la seule condition de l'effet, mais que celui-ci dépend encore des dispositions et de l'efficacité de la volonté de Dieu et des agents naturels. On ne peut donc pas conclure que les effets de la science divine en procèdent nécessairement, liien qu(i la cause pn^miére ne soit jamais en défaut, « deficere non possit », cependant, si les causes prochaines sont contingentes, l'effet est contingent, malgré la nécessité de la cause première, « licet scientia Dei, quse est causa j^rima, sit necessaria^ »
L'objection est écartée, elle n'est pas résolue.
Comment la nécessité de la cause première ne détruit-elle pas la contingence et la liberté des causes secondes? — Et Tefficacité de la volonté divine, comment s'accorde-t-elle avec notre libre arbitre?
1. N. ///., 1 p., qu. l'i. art. 13. nd 1. — Cont. GenL, lib. 1, cap. 07. — Oiuost. 2 de Veri(atc,^\v[. W.
06 DÉCRETS PRÉDÉTERMINANTS.
La difficulté est là.
Dire que Feffet est contingent parce que la cause prochaine est contingente, c'est vrai; mais l'explication ne suffît pas, ou plutôt^ rien n'est expliqué. Car, si la cause seconde rend l'effet de la cause première contingent, c'est uniquement parce que l'effet de la cause première est empêché par le manque d'efficacité de la cause seconde. Or, nul défaut des causes secondes ne peut empêcher que la volonté divine ne produise son effet. L'efficace souveraine de Dieu ne saurait être entravée; elle est irrésistible, « inimpedibilis : voluntati ejus quis résistif? » A^oilà le point obscur ^
L'éclaircissement nous est donné par l'Angélique Maître 2. Si la volonté divine, dit-il, ne produit pas toujours des effets nécessaires, cela vient, en dernière analyse, de son efficacité même. Lorsqu'une cause agit efficacement, l'effet suit la cause, non seulement quant à l'être, au devenir, mais encore quant au mode d'être et de devenir. Or la volonté de Dieu est la plus efficace des causes. Il s'ensuit que tout ce que Dieu veut arrive, et que tout arrive de la manière que Dieu veut, tantôt avec nécessité, tantôt avec contingence. Voilà comment l'efficace souveraine de la cause première, loin