‹ Providence et libre arbitre selon Saint Thomas d'AquinChapitre 25 sur 144 · Il est bon de faire ici, avec saint Thomas, cette · texte numérisé non relu

Il est bon de faire ici, avec saint Thomas, cette

représente ces êtres, non plus seulement comme possibles, mais comme existants; et Dieu les voit hors de lui, à la place qu'il leur a fixée dons la suite des âges.

Ainsi se forme , par un simple décret de la volonté divine, Téternelle vision do Dieu.

Poussons plus avant cette théorie.

Dieu se connaît lui-môme, et en lui tous les possibles; et cette connaissance, dont les objets sont indépendants de la volonté divine, ne présuppose aucun décret. C'est la science nécessaire, aussi nécessaire que l'Etre divin et ses perfections.

En outre. Dieu voit tout ce qui est, tout ce qui a été avant le moment présent, tout ce qui sera jamais; et cette vision, dont les objets dépendent évidemment de la volonté de Dieu (juant à leur réalité hors de lui, présuppose, sans nul doute, un libre et tout-puissant décret, qui détermine l'essence divine à être cause, et partant, espèce intelligible, ou idée, de ces objets. C'est la science libre, la science décrétée, commandée par la volonté : « Scire imperatum a voluntate ^ »

rriii;ir(|uo, quo « qnamvis res postoriùs huboat esse in suà naturà (juàin in Deo , non tamen posteriùs cognoscitnr a Deo in proprià naturâ quàm in seipso; quia hoc ipso qnod Deus essentiam siiani cognoscit, intuetur res et proiit sunt in seipso, et prout snnt in proprià naturà. » (-2.^ de Yerilale, art. 2, ad 7.) ft l In 1 Sent, dist., 39, art. 1, ad T).

90 DÉCRETS PRÉDÉTERMINANTS.

« Les idées divines ne représentent pas nécessairement tout ce qu'elles représentent, dit Cajétan. Elles représentent nécessairement les essences des choses; mais elles ne représentent qu'en vertu d'une supposition libre, « ex suppositione libéra, » les existences des choses, et ce qui se joint à l'essence contingemment. Elles représentent ces essences avant tout acte de la volonté divine; quant au reste, elles le représentent, supposé la libre détermination dp la volonté de Dieu ^ »

Dieu voit donc nos actes libres futurs dans le décret qui les prédétermine.

Mais il est d'autres objets connus de Dieu, lesquels ne sont pas de purs possibles, n'ont jamais été, n'existent pas présentement et ne seront jamais; je veux dire les futitrs conditionnels on futiiynhles. Par exemple : qu'arriverait-il si telles ou telles conditions étaient réalisées? Que ferait Pierre, ou Paul, s'il se trouvait dans telles ou telles circonstances? — L'événement qui arriverait, l'action qui serait faite, dans ces hypothèses , voilà des futurs conditionnels.

Je ne connais pas dans les œuvres du Docteur Angélique un seul passage où il soit question de pareils futurs et de la science que Dieu en a. Une pareille prescience n'a aucune place dans les théories du saint Docteur 2.

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