Q. 1, De potentiâ, art. 4, ad
son activité. Est-ce la pensée du R. P. de Régnon i? Il n'apparaît pas clairement; mais on peut le croire, d'après ce que le R. P. dit contre le concours simultané, à savoir que « les tliomistes niaient avec raison que Dieu dût attendre que Thomme le fît sortir de cette indifférence, ou qu'une action immédiate de Dieu (lût recevoir de la cause seconde sa propre détermination. » A la vérité, le R. P. dit ailleurs (jue « le Moteur Universel, en tant qu'il opère dans un agent créé, attend, pour produire un effet, que son influence soit déterminée par la cause seconde. » Mais ces propositions ne doivent pas, sans doute, être prises suivant leur contradiction apparente; il faut entendre, me semble-t-ii, que le R. P. admet une prémotion qui détermine à Texercice, et ({ui est déterminée elle-même quant à respèce de r()l)('^ration et de Teffét. Gela est très thomiste, et dans ce sens la prémotion physique est une véritable prédétermination.
En quoi donc les néomolinistes s'écartent-ils de saint Thomas? Ce^ n'est certes pas dans le principe. « C'est un axiome de la scholasti([ue.
on peut même dire un principe de la métaphysique des créatures, dit le R. P. Baudier, S. J. : ce qui est en puissance ne peut être 7''éduit en acte que pa?^ ce qui est en acte, c'est-à-dire Dieu. Il faut son action, son action physique sur la volonté, pour la faire passer de la puissance à l'acte. C'est proprement l'application de la vertu à son objet, dont parle saint Thomas... (Car) on ne peut nier que saint Thomas ne soit tout entier à affirmer que Dieu meut la créature, qu'il l'applique à l'acte, qu'il est premier moteur et agent physique, que rien ne résiste à sa volonté, que la créature ne fait que ce qu'il veut, qu'elle n'est qu'un instrument, qu'il opère tout en elle et a tout déterminé de toute éternité ^ » Un thomiste ne dirait pas mieux.
Où donc est le différend entre néomolinistes et thomistes ? Le voici. Pour les thomistes, l'acte libre est un mouvement réel du libre arbitre, un vrai passage de la puissance à l'acte. « Voluntas, in quantum actu vult finem,