‹ Providence et libre arbitre selon Saint Thomas d'AquinChapitre 30 sur 144 · S, th., 1 p. qu. lO'i. — Cont. Gent., lib. o, cap · texte numérisé non relu

S, th., 1 p. qu. lO'i. — Cont. Gent., lib. o, cap

OU subsister toute cause seconde; de même il la fait agir : « operatur in omni opérante. »

Dieu est le principe de toutes les opérations des causes secondes, premièrement, sous le rapport de la finalité ; car tout être, en agissant, ckerche le bien, et Dieu est le Bien suprême, dont les raj^ons arrivent faiblement aux créatures à travers la variété infinie des biens particuliers. Dieu donc est la fin poursuivie, avec ou sans conscience, par tous les agents créés ; et comme la fin est le principe de l'action % il s'ensuit qu'en dernière analyse, Dieu est, en tant que Bien Suprême, le principe premier de toute opération.

Mais, outre le point de vue de la finalité, il y a, pour toute action, celui de l'efficience ou de la causalité proprement dite. C'est à ce point de vue qu'il faut nous placer et nous tenir maintenant. Sous ce rapport, Dieu est encore principe, et principe immédiat, de toute opération des créatures.

Voyons comment le Docteur Angélique entend cette influence physique de Dieu dans les opérations des causes secondes 2.

Selon saint Thomas, le rapport de dépendance qui existe entre la cause première et

1. Cf. Coni. Gent., III, :2 et 8. — .S-, th., 1, 2, qu. 1, art. 3.

2. S. th., h 105, art. 5. — Co7ît. Gent., III, G7. — 3 de Potentiâ, art. 7.

les causes créées dans les opérations de ces dernières s'exprime clairement par cette formule : Dieu est à la créature comme l'agent principal est à son instrument; la cause créée est subordonnée à la cause première comme l'instrument à l'agent principal : « Deus est causa omnis actionis, prout quodlibet agens est instrumentum divinae virtutis operantis. — Qusecumque rerum aliquid operantur, instrumentaliter agunt a Deo mota. »

Il s'ensuit, non pas seulement que Dieu agit avec la créature, mais encore et surtout que Dieu fait agir la créature, ou pour employer l'expression thomiste, qu'il la meut à l'acte, « movet ad agendum. » — « Agere cujuslibet agentis creati a Deo causatur, sicut motus mol)ilis a motione moventis^ »

Voici comment le saint Docteur exprime sa pensée.

Dans le cas de plusieurs agents, dont Tun est subordonné à l'autre, toujours, dit-il, le second agit en vertu du premier, car le premier meut le second à agir. C'est ainsi que toute cause créée agit en vertu de la Cause Première, et que Dieu est cause de toutes les opérations ; des créatures. Par cette motion à Pacte, il faut \ entendre que Dieu applique la puissance active I à opérer, comme l'ouvrier, par exemple, appli- I xjue la hache à l'action de couper.

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