‹ Providence et libre arbitre selon Saint Thomas d'AquinChapitre 33 sur 144 · Qu. 3, de Potentiâ, art. 7, ad · texte numérisé non relu

Qu. 3, de Potentiâ, art. 7, ad

mas, la cause première détermine la cause seconde à l'opération , « déterminât naturam de necessitate K » Rien de plus facile à entendre pour les agents naturels, dont les facultés actives sont par nature prédéterminées ad unum, « prsedeterminatae ad unum^. »

C'est pour exprimer nettement cette efficace de la motion divine, qui applique la créature à agir, qui la détermine à exercer son activité, qui met effectivement en jeu sa vertu active, (|uo les thomistes ont désigné la prémotion physique par le mot de prédétermination. « Ces termes semblent rudes à quelques-uns, dit Bossuet^; mais, étant entendus, ils ont un très bon sens. » Un philosophe doit voir, sous les mots, ce « très bon sens » qu'on y a voulu mettre, et ne pas se laisser rebuter par leur énergie.

Cependant la motion divine n'est pas seule cause de l'opération et de l'effet; la créature agit aussi réellement. La prédétermination divine n'ôte pas aux causes secondes leur naturelle activité. Voilà ce qu'il faut bien entendre pour avoir une juste idée de l'opération de Dieu. Dieu est présent au plus intime de toute créature; sa vertu conservatrice y est toujours en travail; car c'est lui qui. ayant donné l'être,

Page 1