Traité du libre arbitre, ch. viii
le soutient par une influence continue. Lors donc que Dieu met en mouvement une créature et la fait agir, la motion divine part du sein même de la créature et du fond de l'être créé. D'où l'on peut concevoir que c'est la créature qui agit, qui opère, qui produit l'effet, sous l'impulsion de Dieu. Bien plus, — chose qu'on ne saurait trop remarquer, car elle fait comprendre le véritable sens et la portée exacte de la prémotion divine, — c'est la créature qui détermine l'action de Dieu à produire tel ou tel effet particulier. Car la cause première, étant universelle et transcendante, produit dans l'eflet ce qu'il y a d'universel et de transcendant, à savoir, l'être. Voilà ce qui correspond proprement à l'activité divine. Mais les déterminations de Têtre, tout ce qui dans une chose fait qu'elle appartient à tel genre, à telle espèce, qu'elle est cette chose concrète, individuelle, distincte, et non pas une autre, toutes ces particularités correspondent à l'activité des causes créées.
« L'effet propre du premier agent, dit le saint Docteur, c'est l'être, et les autres agents ne le produisent qu'en vertu de la motion de l'agent premier; mais les agents seconds. particularisent et déterminent l'action de l'agent premier, et opèrent , comme leurs effets propres , les déterminations distinctives de l'être ^ »