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nent une bien vague idée de la motion de Dieu dans les créatures : « per modum quo colores sunt in aëre, et virtus artis in instrumento artificis K »
Quoi qu'il en soit de ces analogies^, il est certain que Dieu et la créature opèrent immédiatement Teffet par une seule et unique opération, Dieu comme cause première, la créature comme cause seconde. A parler avec une extrême précision, il ne faut pas dire que Dieu produit Pacte de la cause créée, mais qu'il la fait agir, qu'il lui fait produire l'acte; car c'est la créature qui agit, qui opère, sous la motion de Dieu. Il y a deux causes, il est vrai ; mais la seconde est subordonnée à la première, et celle-ci n'agit et n'atteint l'effet que par celle-là ^. Voilà comment, n'y ayant qu'une seule action, l'effet produit est tout entier de l'une et de l'autre cause.
Quelques-uns s'imaginent que « la prémo-
1. Cf. s. th., 3 p., qu. 62, art. 4; — 27 de Veritate, art. 4, ad 4 et 5.
2. Évidemment, il est tout à fait secondaire et sans importance, dans la théorie thomiste, d'imaginer la motion divine comme ceci ou comme cela, de la distinguer ou de ne pas la distinguer réellement, entitative, de l'agir de la créature. L'essentiel, c'est de reconnaître qu'elle applique à l'acte , qu'elle donne l'agir ; en un mot qu'elle est efficace ou détermmante « ad exercitium actûs. »
3. Qu. 3, de Potenliâ, art. 7, ad 4. — Cont. Gent., lib. 3, cap. 70.
tion a une connexion nécessaire avec un acte second que nous n'avons point posé. » C'est se tromper complètement sur la nature de la prémotion. La motion divine n'a de connexion avec l'acte second, ou Vagir^ que moyennant la cause de l'acte. Il faut entendre que Dieu ne prédétermine pas l'acte, mais la cause à agir. Voilà pourquoi la prémotion ne supprime ni la causalité effective ni le mode de la causalité de l'agent créé; au contraire, elle l'ait l'un et l'autre ^
« Dieu, dit Bossuet^, étant, comme premier Être, cause immédiate de tout être; comme premier Agissant, doit être cause de toute action : tellement qu'il fait l'agir même, comme il fait le pouvoir agir. Et de même que l'être créé ne laisse pas d'être, pour être d'un autre, c'est-à-dire pour être de Dieu ; au contraire, il est ce qu'il est, à cause qu'il est de Dieu; il faut entendre de même que l'agir créé ne laisse pas, si on peut parler de la sorte, d'être un agir, pour être de Dieu; au contraire, il est d'autant plus agir que Dieu lui donne de l'être. Tant s'en faut donc que Dieu, en causant l'action de la créature, lui ôte d'être action, qu'au contraire, il le lui donne; parce qu'il faut qu'il lui donne tout ce qu'elle a, et tout ce qu'elle est; et plus l'action de Dieu sera conçue comme