S. th., 1 p., qu. 57, art
3. Motus Yoluntatis non habet dependentiam nec connexionem ad aliquam causam naturalem, sed so- Kim ad causam divinam, quœ in vokintate sola imprimere potest. Undè motus voluntatis et cordis cogitatio non potest cognosci in rébus naturalibus, sed solùm in essentiâ divinà, qua^ in voluntatem imprimit. (Qu. 8, de Teritate, art. 13.)
DK LA VOLONTÉ. VV.l
peut être mue intérieurement par un autre que par Dieu, à qui la volonté est immédiatement subordonnée. Voilà pourquoi l'acte volontaire ne ])eut être connu par aucun autre que par Dieu, et par l'homme conscient de son acte^ » On voit par ces textes que Dieu est vraiment cause des actes de la volonté et cause aussi efficace que sa prescience est infaillible. C'est parce (ju'il les produit, qu'il les connaît. Or, il les connaît avec une certitude parfaite; donc il les produit certainement. 11 les produit, comme cause efficiente immédiate, par une motion physique, qui est une sorte d'impression divine dans la volonté.
Ouvrons maintenant la Soinme thëologiqite^, au traité du gouvernement divin, à la question précise de la motion de Dieu dans les créatures. Avant le fameux article : Utrùm Deus operetur in omni opérante, se trouve l'article : Utrùm Deus possit movere voluntatem creata/n. La conclusion en est que le propre de Dieu est de mouvoir la volonté, surtout en
1. Undè cùm voluntas interiùs non possit ab alio nisi a Deo nioveri, cujns ordini inmiodiatè subest motus vohmtalis, et per conscquens vohmtariîi^ co^itationis, non potost co^ïnosci niviue a (Uenioniljus, nequt' a ([uocuni([ii(> alio. nisi i\h ipso Deo, et ab honiine vo1(mUo et cojjiitante. (Ou. 10, de Malo, art. 8.) Gf. Ouodl. i'i, art. (i.
"2. L, qu. lOÔ, art. 'i.
rinclinant au bien par une opération intérieure : « maxime interiùs eam inclinando. »
Voici la preuve. Qu'est-ce que vouloir? C'est une certaine inclination de la volonté vers le bien universel : « inclinatio quaedam in bonum universale. » Mais à qui appartient-il de pousser au bien universel? Au Premier Moteur. « Inclinare autem in bonum universale est primi moventis. » Donc, c'est Dieu qui meut la volonté à vouloir. Tel est le sens du texte de saint Paul, cité en argument sed contra : Deus est qui operatur in nobis velle^ »
Qu'est-ce que ce velle^ que cette inclination au bien universel? Est ce la faculté? est-ce l'acte? et si c'est un acte, est-ce celui dans lequel la volonté, en se portant au bien en général, agit comme cause nécessaire? ou bien est-ce un acte libre ?
Il apparaît d'abord que le vouloir, dont parle saint Thomas, n'est pas la l'acuité, mais un acte, un mouvement de la volonté. En effet, c'est une inclination, « inclinatio quaedam. n Or, il est dit, dans le traité de Voluntate^^ que « le mouvement de la volonté est une certaine inclination de la volonté vers un objet : « ipse « motus voluntatis est inclinatio qiisedam in « aliquid. » Donc, par ce velle, qui est une certaine inclination au bien universel, on doit