s. th., 1, 2, qu. K), art
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que les causes nécessaires mues par Dieu produisent leurs effets par nécessité, et que les causes contingentes les produisent avec contingence. Gomme donc la volonté est un principe actif non déterminé ad unmn, mais indifférent entre plusieurs, il s'ensuit que Dieu la meut sans la dtHerminer ad urmm par nécessité, « non ex nccessitate ad unum déterminât, » et que le mouvement volontaire est contingent et non pas nécessaire. »
Telle est la théorie du Maître : Dieu meut et. applique la volonté à l'acte, mais il ne la nécessite pas. L'acte suit la motion de Dieu par une nécessité de conséquence, mais le conséquent, à savoir que la volonté agisse, n'est nullement nécessaire en soi.
(Test la distinction môme employée dans cet article par le saint Docteur. « Si la volonté ne voulait pas ce à quoi Dieu la meut, se dit-il, il s'ensuivrait une chose absurde, à savoir (|ue l'opération de Dieu serait inefficace, « operatio (( Dei esset in^fficax. )) 11 est donc impossible que la volonté ne veuille pas ce à quoi Dieu la meut. Donc la volonté veut cela nécessairem(Mit. »
Kn vérité, si, dans la pensée de saint Thomas, , la motion divine n'était pas efficace par ellemême et ne déterminait pas la volonté à vouloir effectivement, d'où lui viendraient de pareilles difficultés? Viennent-elles jamais à l'esprit des philosophes ou des théologiens qui enseignent.
le concours indifférent ou une motion générale et indéterminée? Mais entendons la réponse du Maître.
« Supposé que Dieu meuve la volonté à une €hose, dit-il, il est impossible que la volonté ne soit pas mue à cela , incompossibile est huic positïonï quod voluntas ad illudnon nioveatiir; mais cette impossibilité n'est pas absolue, « non est impossibile simpliciter. » Il ne s'ensuit donc pas que Dieu meuve la volonté par nécessitée »
On le voit, saint Thomas ne nie point que Dieu meuve la volonté, il ne nie point que la motion de Dieu soit efficace; au contraire, il affirme et la motion divine et son efficacité. Si l'on dit que la volonté mue par Dieu ne peut pas ne pas agir, cette proposition est vraie in sensu coniposito, — « incompossibile est quôd voluntas non moveatur; » — mais elle est fausse in sensu divisa, — « non est impossibile simpliciter. » — La nécessité d'agir est conditionnelle et non pas absolue; c'est une nécessité de la conséquence et non du consé-
1. « Semper hoc homo eligit quod Deus opéra tur in «jus voluntate. » (Cont. Gent., ]II, 92.) — « Deus movet quidem voluntatem immtitabiliter ]n'opieY eflicaciam virtutis moventis, quœ deficere non potesl ; sed propter naturam voluntatis motse , quœ indifferenter se habet ad diversa, non inducitur nécessitas, sed manet libellas. » (Qu. 6, de Malo, ad 3.) Cf. .S', th., 2, 2, qu. 24, art. 11.
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quent. Telle est la réponse de saint Thomas K Cependant ces distinctions , bonnes à dissiper de vains sophismes , n'éclaircissent pas la difficulté et ne projettent aucune lumière sur le point obscur : Gomment le libre arbitre se détermine-t-il de lui-môme sous la motion de Dieu? Gomment la détermination de l'acte estelle laissée au pouvoir de la raison et de la volonté ?
Rien de plus vrai , et tout fidèle thomiste doit le proclamer hautement : ce point obscur, c'est le mystère, c'est l'invisible point de contact du fini et de l'Infini. Qui verrait l'être créé sortir du sein de Dieu, qui suivrait du regard rinfluence ineffable qui tient les créatures hors du néant, celui-là saisirait peut-être dans son fond et à sa racine l'action de Dieu dans les causes secondes , et comprendrait, de quelque manière, que son efficace toute-puissance est la source première et la dernière explication de toute causalité. Mais nous, à qui toutes ces choses sont cachées dans les profondeurs de l'être et l'inaccessible hauteur de Dieu, nous pouvons entrevoir seuhnnent les deux l)Outs de la cliaine, comme dit Dossuet, à savoir, l'irrésistible efficace de la motion de Dieu et l'indépendance propre de notre libre arbitre. Quant au chaînon lointain qui relie tous les anneaux dans une suite liarmonieuse, il se voile à nos