Ou.-J de Malo, art
mais un défaut accidentel et volontaire. On doit le concevoir dans la volonté avant l'acte moral, puisqu'il est la racine du i3éché. C'est comme une attitude désordonnée de la volonté vis-à-vis de la droite raison et de sa fin propre'. Voilà ce que dit le saint Docteur. Assurément, le point obscur n'en est pas beaucoup éclairé ; mais n'est-ce pas tout ce que l'on peut dire?
En résumé, le mal du péché ne saurait être attribué à la Cause Première ; et, si la volonté pèche, c'est que, se déterminant elle-même en même temps que Dieu la meut, elle dévie, pour ainsi parler, de la ligne divine. Supposez l'indépendance du libre arbitre sous l'action de Dieu visible à notre esprit, la difficulté du péché est supprimée par le fait même.
Mais s'il est démontré, et que Dieu détermine efficacement le libre arbitre, et que la volonté, mue par Dieu, se détermine d'ellemême à l'acte, l'accord de ces deux faits est caché dans la transcendance de la cause première et de rÉtre Divin.
Malgré ces ombres mystérieuses la théorie
1. Co7it. Genf.,lib.3, cap. 10. — C'est parla que le secours de Dieu pour bien agir devient insuffisant, et que l'intention divine est frustrée.
thomiste apparaît tout entière dans sa simple et sévère beauté :
Dieu, Cause Première, voit tous les êtres dans son essence comme cause ;
Il est cause, — dans Téternité, par le décret qui prédétermine l'existence et les opérations de toutes les causes; — dans le temps, par la motion très efficace (|ui fait agir physiquement toutes les créatures.
Mouvant toutes les causes, chacune selon sa nîiture propre, il fait agir les causes libres avec une parfaite liberté;
Et de cette liberté de la créature sort parfois le péché, que Dieu ni ne veut ni ne fait, mais qu'il permet cependant pour des fins connues de son infinie sagesse.
Dieu, Principe de tout bien : voilà le Thomisme.