s. th., 1 p., qu. 23. — 6 de Yerilate
nance généralo des choses vers leur fin; il est dans l'idée divine comme l'œuvre d'art dans l'esprit de son auteur. Ainsi donc, il y a dans la pensée de Dieu un plan de projection, une destination de la créature raisonnable à la fin surnaturelle : voilà précisément ce qu'on nomme prédestination.
La prédestination, on le voit, est une partie de la Providence. Gomme dans la providence, on peut voir en elle le plan conçu et décrété, et l'exécution de ce plan. Mais, à proprement parler, elle ne signifie que l'idée éternelle de notre destinée, et on doit la définir : le plan divin de Tordonnance de certaines créatures au salut éternel, « ratio ordinis ali({uorum in salutem aoternam in mente divinà existens. »
La prédestination est donc l'éternelle préparation de la grâce, comme dit saint Augustin ; elle est le décret ({ui nous la confère et qui par elle nous fait enfants de Dieu. Elle est aussi l'éternelle préparation de la gloire céleste. « Pnedestinatioincludit voluntatem conferendi gratiam et gloriam^ » Et la volonté absolue de Dieu ne manquant jamais son ettet, il s'ensuit que la prédestination est toujours infaillible.
1. Ad praHiestinationem duo sequuntur scilicet con- «ccutio finis, qm est <]jlorififatio, et collatio auxilii ad conso(iuondiiiii liuem, qiiod est a})[)osilio graliio, quod ad vocationem pertinet. Uiidè et prœdestinationi duo otVectus assignantur, scilicet gratia et gloria (6 de Veritdlc, art. 1).
Tout prédestiné est nécessairement sauvé — (nécessité de conséquence), et nul prédestiné ne peut manquer son salut — (au sens composé) ^
Analj^sons maintenant le décret de prédestination.
La prédestination, avons-nous dit, est une partie de la Providence. Or, la Providence n'est pas une simple idée représentative de Tordre des êtres; c'est une idée impérative, un décret, « ratio praeceptiva^. » Quelle est la raison de ce décret ? Saint Thomas répond que le décret qui ordonne une chose à sa fin, présuppose que celui qui décrète veut la fin : « Non
1. .s-, th., i p., qu. 23. art. 3, ad 3; art. 6. — Qu. IIC, art. 1 et 3. — Co7it. Gent., III, 94. — 6 de Veritale, art. 4, ad 4; — art. 3, ad 3, 4, 7 et 8. — Dans cet article on lit que « liberum arbitrium deficere potest a sainte. Tamen in eo queni Dens praidestinat, tôt alia adminicula prœparat, quod vel non cadat, vel, si cadat, quod resurgat; sicut exhortationes, etsuffragia orationum, donum gratiœ, et alia hujusmodi, quibus Deus adminiculatur homini ad salutem. Si ergo consideremus salutem respectu liberi arbitrii, non' habet certitudinem, sed contingentiam : respectu autem caus» primai, quai est prœdestinatio, habet certitudinem ». Cette certitude, qui vient de la prédestination, saint Thomas l'appelle certitmlo ordiiiis: l'ordre de la Cause Première, qui produit son etïet par les moyens indiqués. Il est évident que le donutn gratiœ comprend Vav.xilhmi i-ei moventis. — Cf. Quodl. XI, art. 3.