‹ Providence et libre arbitre selon Saint Thomas d'AquinChapitre 62 sur 144 · S. th., l p., qu. -23, art · texte numérisé non relu

S. th., l p., qu. -23, art

Tel est le principe posé par saint Thomas- Mais ne semble-t-il pas, au contraire, que la Providence divine doive assurer la perfection de toutes choses ?

Non, dit le grand Docteur^, car la Providence divine est universelle, et par conséquent ne doit pas procurer le bien particulier au détriment du bien général. Or, le bien général de l'univers serait amoindri si chaque être obtenait toute sa perfection. En effet,, l'univers n'ayant pour raison d'être que de manifester les perfections de Dieu, son premier bien consiste dans le nombre et la diversité des créatures, une seule créature ou une seule espèce de créatures ne pouvant assez représenter l'Être divin. Il s'ensuit que les unes doivent être plus parfaites que les autres et former une gradation harmonieuse, depuis la matière, potentialité pure, jusqu'aux esprits, qui se rapprochent par degrés de l'Acte pur. De cette diversité et inégalité de nature résultent les rapports de causalité, les actions et réactions des éléments, la lutte entre les forts et les faibles, le changement, l'évolution. Les êtres matériels sont corruptibles, et leurs espèces ne se perpétuent que par génération. Delà des conflits d'activités, des souffrances, d'apparents désordres, toute la série des maux physiques, dont la raison profonde

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