‹ Providence et libre arbitre selon Saint Thomas d'AquinChapitre 79 sur 144 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

COUP d'œil historique.

Le problème des rajiports de la Providence de Dieu avec le libre arbitre de l'homme a de tout temps exercé le génie du philosophe et du théologien. Dans Tantiquité, sous l'empire des vieilles doctrines panthéistes ou dualistes de l'Orient,

16 THOMISME ET MOUMSME.

tout était soumis à une fatalité absolue : point de libre arbitre dans la nature. Plus tard, les écoles de la Grèce et de Ronae immolèrent diversement Tune à l'autre ces deux vérités, la liberté de rhomme et la Providence de Dieu ^ Les Pères de l'Église, au contraire, détendirent avec fermeté, et conservèrent avec un soin jaloux h la philosophie chrétienne ces deux précieux biens, l'intégrité de l'homme et l'intégrité de Dieu. Contre les gnostiques et les manichéens, ils soutinrent, par la raison et la foi, la cause de notre libre arbitre ; puis, le Pélagianisme ayant pris naissance, l'heure vint de scruter davantage les Écritures pour l'honneur de la Providence surnaturelle, c'est-a-dire de la grâce de Jésus-Christ, i?i laiidem gloriœ gratiœ suce '2.

Saint Augustin est le grand docteur de la grâce et du libre arbitre, le rempart inexpugnable de ces dogmes contre les entreprises sans cesse renaissantes de l'hérésie ^. « De nos jours, dit Bos-

1 . Voir Essai sur le libre arbitre par M. Fonsegrive. ouvrage remarquable par sa partie hislorique.

Page 1